
Les versions de sa libération de Bernard Planche divergent quelque peu. "Les ravisseurs étaient en voiture avec l'otage, ils ont pris la fuite à la vue des soldats (à un poste de contrôle) alors qu'ils tentaient apparemment de le transférer hors de la région d'Abou Ghraib", a tout d'abord indiqué dimanche une source de sécurité irakienne.
Un peu plus tard, l'armée américaine a donné une version sensiblement différente : selon elle, l'otage s'est échappé de la ferme où il était prisonnier, après que ses ravisseurs eurent précipitamment abandonné les lieux, alors que les troupes américaine et irakienne avaient bouclé la région. "Quand il a compris qu'il était seul et qu'il a vu les forces américaines s'approcher, il s'est échappé par une fenêtre", a raconté un officier américain. "Il s'est approché d'un poste de contrôle américain, les mains levées, et il a enlevé sa chemise pour montrer qu'il ne portait pas d'explosifs. M. Planche a insisté pour rester sur les lieux pendant six heures pour tenter de retrouver les ravisseurs".
Quoi qu'il en soit, Bernard Planche, retenu en otage en Irak pendant 35 jours, a été "recueilli en début d'après-midi" dimanche, à Bagdad, par les services de l'ambassade de France.
Les autorités françaises réitèrent leurs conseils de prudence
A Paris, le président de la République, qui s'est réjoui "de cet heureux dénouement", a déclaré en avoir "informé personnellement" la fille et le frère de M. Planche. Jacques Chirac a également remercié "les forces de la coalition qui ont permis cette libération et exprimé sa reconnaissance à tous ceux qui se sont mobilisés", à Bagdad comme en France.
Remerciant lui aussi les "autorités américaines" pour leur aide, Dominique de Villepin a rappelé "le caractère extrêmement dangereux d'un séjour en Irak" et renouvelé les consignes du ministère des Affaires étrangères de "ne pas se rendre" dans ce pays. Nicolas Sarkozy s'est également réjoui de cette libération et a adressé ses félicitations à "tous les services de l'Etat qui y ont concouru". De son côté, le Parti socialiste a "adressé son soutien à Bernard Planche, ainsi qu'à sa famille et à ses proches". La compagne de Bernard Planche, qui réside à Rillieux-la-Pape (Rhône), n'a pas souhaité s'exprimer dimanche, pas plus que les autres membres de sa famille.
Bernard Planche avait été enlevé le 5 décembre par des inconnus armés, à son domicile, dans un quartier résidentiel de l'ouest de Bagdad. Il vivait seul dans une grande maison, sans gardes, selon des voisins. Sa présence était connue de l'ambassade de France, "inquiète depuis longtemps parce qu'il ne prenait pas les mesures nécessaires" de sécurité, avait indiqué une source diplomatique française à Bagdad après son enlèvement. Originaire de Lyon, Bernard Planche représentait dans la capitale irakienne une ONG peu connue, AACCESS, spécialisée dans la distribution d'eau et pour laquelle il travaillait comme ingénieur. Ses ravisseurs, se présentant sous le nom du "Bataillon de la vigie pour l'Irak", menaçaient de le tuer si la France ne mettait pas fin à sa "présence illégitime en Irak".
Photo d'ouverture : Bernard Planche posant avec les soldats américains après sa libération - DR
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