Un condamné à mort sauvé au dernier moment

le 26 janvier 2006 à 10h00 , mis à jour le 26 janvier 2006 à 10h13

La Cour suprême américaine a bloqué mercredi l'exécution d'un homme condamné à mort en Floride. Elle a accepté d'examiner les arguments du détenu qui estime que la méthode employée, l'injection létale, est cruelle et inhumaine.

Cour suprême USACour suprême USA © DR

L'évenement est rarissime aux Etats-Unis : la Cour suprême a bloqué l'exécution d'un homme condamné à mort en Floride. Sans remettre en cause le verdict du procès, elle a en fait accepté d'examiner les arguments du condamné : selon lui, les substances chimiques utilisées pour l'injection létale, ne garantissent pas toujours l'inconscience du condamné pendant l'exécution. La méthode serait alors "cruelle et inhumaine".

La plus haute juridiction américaine avait déjà suspendu provisoirement, la veille, l'exécution de Clarence Hill, 47 ans, programmée à 18h00 alors que les perfusions étaient déjà installées sur le bras du condamné. L'ordre de suspension avait alors été émis en référé par un seul juge. Dans un  arrêt rendu mercredi par l'ensemble des juges, la Cour a confirmé qu'elle bloquait l'exécution et annoncé qu'elle acceptait de se saisir de l'affaire.

Clarence Hill avait été condamné pour le meurtre d'un policier lors du braquage d'une banque en 1982. Il avait multiplié depuis quelques jours les appels contre cette sentence, avançant notamment que des études scientifiques démontraient que la méthode employée était cruelle et inhumaine, ce qu'interdit le 8e amendement de la Constitution américaine. La défense du condamné se fonde notamment sur un arrêt de la Cour suprême rendu en mai 2004 dans une autre affaire, opposant le condamné David Nelson à l'Etat d'Alabama, où déjà, l'invalidité de la méthode était avancée.

Pour Clarence Hill, a expliqué son avocat Me Todd Doss, la Cour a pour l'instant uniquement accepté de se prononcer sur son droit à évoquer la Constitution pour contester la méthode. Là encore, si la réponse était positive, l'affaire serait renvoyée à une juridiction inférieure qui pourrait se pencher plus directement sur le type d'injections létales qu'il conteste.

Depuis le rétablissement de la peine de mort en Floride en 1976, l'Etat a exécuté 60 personnes.

(Photo : la Cour suprême américaine)

le 26 janvier 2006 à 10:00
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