Des casques bleus en Côte d'Ivoire (archives).Abidjan bloqué, troubles dans l'Ouest du pays : après le non-prolongement du mandat de l'Assemblée nationale, la Côte d'Ivoire s'enfonce une nouvelle fois dans une crise qui pourrait déboucher vers une escalade militaire.
Mercredi, la capitale économique du pays était paralysée pour la 3e journée de suite par des partisans du président Laurent Gbgabo. Les manifestants protestent toujours contre la décision du Groupe de travail international. Chargé de suivre le processus de paix, il a décidé de pas prolonger le mandat de l'Assemblée nationale, dominée par les partisans du pouvoir, arrivé à expiration en décembre. Comme les deux journées précédentes, les forces de sécurité ne sont pas intervenues, alors que les manifestations sur la voie publique sont interdites depuis plus d'un an à Abidjan.
"Défiance"
En annonçant mardi soir son retrait du gouvernement de transition, regroupant toutes les tendances ivoiriennes et dirigé par le Premier ministre Charles Konan Banny, le Front populaire ivoirien (FPI), le parti du président Gbagbo, a encore accru la tension.
Ce geste a été perçu par les diplomates comme "un signe de défiance" à l'égard de la communauté internationale. Le FPI exige notamment le départ" des 7.000 Casques bleus de l'Onu et des 4.000 soldats français de la force Licorne, qualifiées de "forces d'occupation, d'exploitation et d'asservissement".
Plusieurs morts dans l'Ouest
La tension est maintenant palpable dans l'ensemble de la Côte d'Ivoire. Plusieurs personnes ont ainsi été tuées mercredi matin lors d'affrontements entre les partisans de Gbagbo et des Casques bleus bangladais à Guiglo, dans l'ouest du pays. Comme mardi à Abidjan, le camp des soldats de la paix a été attaqué délibérement. Un peu plus tard, les deux contingents de Casques bleus installés sur place ont quitté leur campement, sous escorte des Forces loyalistes.
Paris "vigilant"
Pour tenter de calmer la situation, le président nigérian, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union Africaine (UA), est arrivé sur place mercredi après-midi. De son côté, à Paris, le ministère des Affaires étrangères a affirmé suivre l'évolution de la situation en Côte d'Ivoire "avec la plus grande vigilance". La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a pour sa part jugé que la situation était "extrêmement préoccupante". Il est "indispensable que tout ceci se calme et que les décisions internationales soient mises en oeuvre", a-t-elle ajouté.
(photo : Casques bleus de l'ONU en Côte d'Ivoire)
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