Côte d'Ivoire : l'ONU dénonce les violences "orchestrées"

le 18 janvier 2006 à 10h30 , mis à jour le 18 janvier 2006 à 12h00

Face à la situation tendue à Abidjan, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni mardi soir. Mercredi, les partisans du président Gbagbo bloquaient la ville pour la 3e journée consécutive.

manif_casques_bleus_abidjan

Abidjan, la capitale économique ivoirienne, était à nouveau paralysée mercredi, pour le troisième jour consécutif, par des jeunes partisans du président Laurent Gbgabo qui tiennent de nombreux barrages dans la plupart des quartiers, rendant la circulation quasiment impossible.

Ces manifestants protestent contre la décision du Groupe de travail international (GTI) de ne pas prolonger le mandat de l'Assemblée nationale, arrivé à expiration. Cette décision est, selon eux, une "atteinte à la souveraineté nationale" ivoirienne.

"Préoccupant"

De son côté, le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu mardi soir des consultations impromptues sur une situation jugée "très préoccupante", par Jean-Marie Guéhenno. Pour le chef des opérations de maintien de la paix de l'Onu, il ne fait pas de doute que les violences des dernières 48 heures ont été "orchestrées".

Le Conseil se réunit de nouveau mercredi au niveau des experts. Pierre Schori, représentant spécial en Côte d'Ivoire du secrétaire général, Kofi Annan, a demandé mardi au président Laurent Gbagbo de faire cesser ces violences.

La ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie a, quant à elle,  jugé mercredi la situation en Côte d'Ivoire "extrêmement préoccupante", ajoutant qu'"il est indispensable que tout ceci se calme et que les décisions internationales soient mises en oeuvre". La ministre a rappelé que la force française "Licorne n'est pas en première ligne et vient simplement éventuellement au secours de l'Onuci s'il y a quelque chose".

Le général Bentégeat demande des "sanctions"


Le chef d'état-major des armées françaises a estimé mercredi le moment venu" pour la communauté internationale de prendre des sanctions contre la Côte d'Ivoire. "Le Conseil de sécurité a prévenu depuis longtemps qu'il ferait des sanctions. Encore faut-il que l'Union africaine soit prête à accepter ces sanctions. L'Onu ne le décidera pas sans les Africains. Je pense qu'aujourd'hui, le moment est venu", a -t-il déclaré  sur Europe 1.

(photo : manifestation à Abidjan)

le 18 janvier 2006 à 10:30
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9 Commentaires

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  • Jean-Pierre, le 18/01/2006 à 21h55

    Quand la France va-t-elle dire ouvertement et clairement qu'elle veut le départ du président, et qu'elle arme la rébellion.

  • Olivier, le 18/01/2006 à 21h14

    Encore une fois la Côte d'Ivoire sombre dans le chaos, ce pays si riche et bénéficiant d'une formidable dynamique économique est tiraillé par des despotes sanguinaires qui ne sont guidés que par la cupidité et la loi du plus fort.Le problème Ivoirien ne sera jamais réglé, que l'on y envoie l'ONU ou les fils de France pour y maintenir et assurer la paix rien n'y fera j'en ai bien peur.Mais ce qui me fait le plus peur c'est de voir nos soldats verser leur sang pour un pays africain qui ne les aime pas.Laissons les Ivoiriens se débrouiller sans nous de plus ils nous le demande sans cesse.Pour avoir été en Côte d'Ivoire en temps que militaire, je puis vous assurer que le sentiment anti-français est palpable, il nous considèrent d'ailleur comme une armée d'occupation,c'est vous dire combien ils ont besoin de nous !

  • Pirate, le 18/01/2006 à 17h57

    Ce conflit a couté a la France l'equivalent d'un porte-avions. Tout ca pour quoi ? Pour ce faire critiquer tout le temps.

  • Pierre, le 18/01/2006 à 16h47

    Un fois de plus , c'est la maladresse de de la diplomatie de l'ONUCI (et la France) qui sont mises en cause. Comment peut-on ne pas prolonger le mandat des députés en même temps que celui du président: plus d'institutions, l'anarchie totale en somme. Visiblement, le but est d'écarter GBAGBO à tout prix. La paix en côte d'Ivoire n'est apparement pas pour ces jours.

  • Cédric, le 18/01/2006 à 13h08

    Comme partout en afrique pour ne pas dire dans le monde là où il y a des interrets économiques...ici mines d'or etc... il y a des conflits qui afaiblissent ce pays.la question est à qui profite ce conflit interne,à Bagbo sur un certain plan oui mais à court terme,à la France...je ne crois pas car les forces françaises sont présentes en Côte d'Ivoire pour faire tampon entre le nord et le sud du pays...alors à qui?

  • Alexis Barecq, le 18/01/2006 à 13h01

    Les manifestants on bien raison de protester contre la soit-disant "décision" du GTI, groupe d'intérêts sans légitimité, de ne pas prolonger le mandat de l'Assemblée nationale. Oui, il s'agit bel et bien d'une atteinte à la souveraineté nationale. Les guillemets dans l'article autour de "atteinte à la souveraineté nationale" sont une insulte à tous les habitants de ce pays et à leurs Institutions démocratiques... << L'ONU et la France doivent partir >>, voilà ce que dit la morale et le droit international, en particulier le droit des peubles à disposer d'eux-mêmes. La néocolonisation en cours doit être dénoncée, au lieu d'être légitimé par un rendu de l'information relevant de la propagande partisane.

  • Gea, le 18/01/2006 à 12h21

    C’est une totale aberration de récompenser et de vivre avec des hommes qui n’aspirent qu’à vous assassiner. L’échec de toutes les négociations est aussi le résultat de la politique suicidaire du président Gbagbo depuis 3 ans. Le mouvement patriotique ivoirien doit se structurer pour ne pas être l’otage des accords obscurs du président Gbagbo et de sa ligue politique qui a démontré une incapacité à négocier fermement à l’avantage de la Cote d’Ivoire. Un leadership déterminé et courageux doit s’en dégager. Des hommes qui n’ont pas peur de sanctions futiles comme l’interdiction de voyager ou le gel de leurs avoirs bancaires à l’étranger. Ce collectif doit rassembler l’ensemble des patriotes ivoiriens de tous bords sans nécessaire appartenance politique. Le mouvement doit lancer une campagne de mobilisation populaire à la libanaise ou à l’ukrainienne pour exiger le désarmement immédiat d’une rébellion aux abois, le départ sans condition des troupes étrangères de Cote d’Ivoire ou à défaut leur déplacement vers les zones occupées où ils feront la connaissance des gentils rebelles.

  • J. A., le 18/01/2006 à 11h42

    Je suis originaire de la Côte d'Ivoire, je vis en France et je soutiens avec toutes mes forces l'action de la France et de la communauté internationale en Côte d'Ivoire. J'aimerai revenir sur la déclaration du Général, pour simplement dire qu'il faut plus que des sanctions. Il faut des actes concrètes et sévères pour punir ces gens sans conscience qui s'attaquent aveuglement aux biens et aux personnes, que cela soit verbal ou physique. Il faut écarter toutes les personnes de tous les partis concernées dans cette crise, qui font obstacle à l'effort de paix mené par la communauté internationale. Merci une fois encore pour la détermination du Général et de la France. Puisse Dieu bénir la Côte d'Ivoire et tous ceux qui oeuvrent pour la recherche de la paix en Côte d'Ivoire.

  • Sylvain, le 18/01/2006 à 10h55

    La communauté international est au coeur de nombreux remous. Celui-ci n'est pas méchant, après tout, que la Côte d'Ivoire tombe dans la dictature n'engendrera pas de guerre dans la région, mais le peuple risque de souffrir. J'attends de voir comment notre diplomatie va traiter ce problème, c'est un véritable test pour le cas iranien, qui lui est beaucoup plus sérieux...

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