25/12/2005"Deus Caritas est" (Dieu est amour). La première "lettre encyclique" de Benoît XVI, destinée à tous les membres de l'Eglise catholique, est longue de 80 pages.
Le souverain pontife consacre la première partie à la définition de l'amour comme don de Dieu. Il réhabilite au passage "l'éros", l'amour physique entre l'homme et la femme, car il souligne que "l'amour est une réalité unique avec des réalités différentes". Mais il dénonce le caractère "trompeur" de l'amour lorsqu'il est "rabaissé au simple sexe", alors que l'amour doit tendre à la fusion du corps et de l'esprit dans le mariage où l'homme et la femme réalisent leur "destinée profonde".
Charité
Dans la seconde partie, plus concrète, Benoît XVI explique comment l'Eglise met en pratique son amour envers le monde dans la charité. Il s'agit de la première encyclique d'un pape consacrée à la charité, même si Benoît XVI relève que la pratique caritative remonte aux premiers temps du christianisme. "Pratiquer l'amour envers ceux qui sont dans le besoin fait partie de l'essence même de l'Eglise", souligne-t-il.
Il relève que si la recherche d'une société et d'un Etat plus justes est du domaine de la politique, en revanche l'action de l'Eglise est ailleurs car "l'amour - caritas - sera toujours nécessaire même dans la société la plus juste". Cela ne l'empêche pas de montrer sévère à l'égard des politiques qui ne seraient pas à la hauteur de leur tâche car "un Etat qui ne serait pas dirigé selon la justice serait une bande de vauriens", écrit-il.
Mère Teresa en exemple
Le pape rappelle les grandes règles de l'action caritative de l'Eglise : elle doit être "indépendante des partis et des idéologies" et rejeter tout "prosélytisme". Il relève qu'avec la mondialisation, "la sollicitude pour le prochain tend à élargir ses horizons au monde entier" et se réjouit des "collaborations fructueuses" entre toutes les instances étatiques et ecclésiales.
Mais "il est très important que l'activité caritative de l'Eglise maintienne toute sa splendeur et ne se dissolve pas dans une organisation commune d'assistance", estime le souverain pontife. Benoît XVI cite ainsi à trois reprises en exemple Mère Teresa de Calcutta, qui a su lier l'action auprès des plus pauvres à la foi et à la prière. Et il estime que "le moment est venu de réaffirmer l'importance de la prière face à l'activisme et au sécularisme dominant de nombreux chrétiens engagés dans le travail caritatif".
(photo d'archives : Benoît XVI, Noël 2005)
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