L'Europe durcit le ton sur le nucléaire iranien

le 16 janvier 2006 à 20h44 , mis à jour le 16 janvier 2006 à 22h11

Réunis lundi à Londres sur le dossier du nucléaire iranien, les représentants l'UE3 (France, Allemagne et Royaume-Uni) ont demandé une réunion extraordinaire de l'AIEA, préalable à une saisine du Conseil de sécurité de l'Onu. Mais Londres comme Moscou ont conseillé la plus grande prudence sur d'éventuelles sanctions.

usine_nucleaire_iran

La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni (UE3) ont demandé lundi une réunion extraordinaire du conseil des gouverneurs de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) les 2 et 3 février sur le dossier nucléaire iranien, préalable à leur souhait d'une saisine du Conseil de sécurité de l'Onu. L'annonce en a été faite lundi dans la soirée, à l'issue d'une rencontre à Londres de responsables des Affaires étrangères de l'UE3, des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine, par un porte-parole du ministère britannique des Affaires étrangères.  Lequel a ajouté : "Il y a eu un échange de vues approfondi sur le rôle du Conseil de sécurité de l'Onu pour renforcer le processus de l'AIEA qui se poursuit à Vienne. Ces discussions vont continuer dans le but de parvenir à un accord sur la marche à suivre".

"Tous les participants continuent de souhaiter une solution diplomatique", a-t-il insisté, tout en évoquant leurs "inquiétudes sérieuses" après la décision de Téhéran de relancer ses activités nucléaires de recherche. "Il y a eu accord sur l'importance que l'Iran revienne au processus de négociation et à la suspension complète" (des activités d'enrichissement d'uranium), a ajouté ce porte-parole. L'Iran a repris mardi dernier ces activités, affirmant qu'elles étaient uniquement à des fins pacifiques, ce dont doutent les Occidentaux. Téhéran se dit depuis déterminé à les poursuivre quelles que soient les pressions et a averti que d'éventuelles sanctions pouvaient entraîner une flambée du prix du pétrole, qui a continué à monter lundi à Londres.

La saisine du Conseil suffira-t-elle à faire baisser la tension ?

Mais tant Londres que Moscou ont affiché lundi la plus grande prudence sur d'éventuelles sanctions, Londres espérant notamment que la saisine du Conseil suffirait à elle seule à désamorcer la crise. "La responsabilité revient à l'Iran d'agir pour convaincre la communauté internationale que son programme nucléaire a des objectifs exclusivement pacifiques", a insisté le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw. Mais il s'est montré très prudent sur d'éventuelles sanctions, refusant toute précipitation. "Il y a de nombreux exemples où un dossier est transmis au Conseil de sécurité et où le Conseil de sécurité agit, et où cette action est menée sans sanction", a ajouté le ministre.

"Dans tous les cas, concernant le problème nucléaire iranien, il faut travailler de manière très prudente, sans mesures brutales et erronées", a également déclaré le président russe Vladimir Poutine. "Nous allons continuer de travailler avec nos homologues américains et européens" pour trouver une solution, a ajouté le président russe en assurant que la Russie, l'Europe et les Etats-Unis avaient "des positions proches" sur le dossier.

Selon les experts, un accord de Moscou pour la saisine du Conseil de sécurité semble acquis, en dépit de ses intérêts économiques avec l'Iran. Mais ils sont plus réservés quant à la Chine, qui comme tous les membres permanents du Conseil de sécurité dispose d'un droit de veto, et qui a signé un accord pétrolier d'envergure avec l'Iran.

Photo d'ouverture : usine du complexe de recherche nucléaire iranien - DR

le 16 janvier 2006 à 20:44
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Feawing, le 17/01/2006 à 09h56

    C'est sur que si la Chine a des accord pétroliers... A elle seule elle peut acheter tout le pétrole produit par l'Iran (La consommation de pétrole chinoise augmente très, très vite) Et si elle met sa force politique dans la balance... Remplissez vos citerne de fioul tout de suite, d'ici l'hiver prochain ça sera devenu un luxe!

  • Regis, le 17/01/2006 à 08h50

    Si les iraniens sont attaqués, le gros risque est que se sentant battus, ils mettent le feu a leurs puits de petrole, et là bonjour la couche d'ozone, et la flambée des cours....

  • Jojo, le 17/01/2006 à 01h39

    "après la décision de Téhéran de relancer ses activités nucléaires de recherche." non, mais on reve!! de quel droit seuls les pays occidentaux auraient le droit de pratiquer des essais et se fournir la bombe nucleaire, et pas d'autres!! et surtout, au nom de aquoi, ils se permettent d'interdire quoique ce soit!!

  • Vastre, le 16/01/2006 à 22h47

    Tant qu'on discute et menace sans agir, l'Iran travaille et prépare la prochaine guerre mondiale.

Lire tous les commentaires

      logAudience