© INTERNEIllégales aujourd'hui, les maisons closes pourraient bientôt ouvrir leurs portes en Grande-Bretagne, le gouvernement de Tony Blair s'étant déclaré favorable à des "mini lieu de prostitution" accueillant deux, voire trois prostituées. "Pour l'instant, seule une personne peut travailler comme prostituée dans un appartement, si il y a plus d'une personne, alors l'appartement en question tombe sous le coup de la loi comme une maison de passe", a expliqué Fiona Mactaggart, secrétaire d'Etat à l'Intérieur, en présentant le projet de loi du gouvernement.
"Le fait que les femmes travaillant seules se mettent en danger est incontournable et nous devons reconnaître que la question de la prostitution ne sera pas réglée instantanément", s'est défendue la ministre, mettant l'accent sur la nécessité de protéger les prostituées. Mme Mactaggart ne s'est cependant pas engagée clairement sur le nombre de prostituées qui seront au final autorisées à travailler ensemble : "A mon avis, deux femmes pourraient travailler ensemble en tant que prostituées, mais elles pourraient aussi avoir une réceptionniste, ou une bonne", a-t-elle indiqué.
Mettre fin au "syndrome Pretty Woman"
Ces propositions, qui ne s'appliqueront que pour l'Angleterre et le Pays de Galles - Ecosse et Irlande du Nord ont leurs propres législations sur ce point, mais les bordels y sont également interdits -, n'ont absolument pas pour but d'"encourager les femmes à vendre leur corps", a tenu à préciser la ministre, soulignant que le racolage dans la rue resterait illégal et que l'idée d'autoriser des quartiers dédiés à la prostitution, comme le "red district" à Amsterdam, a été définitivement écartée. Selon un document du ministère de l'Intérieur, l'expérience récente de telles zones, en 2004, avait pourtant été un succès à Liverpool et Doncaster "en procurant une plus grande sécurité à celles qui travaillent comme prostituées par choix". Mme Mactaggart a également annoncé un nouveau tour de vis pour les clients qui contactent les prostituées de rue. En plus d'une simple amende, ces hommes pourraient voir leurs noms publiés dans la presse et pourraient perdre leur permis de conduire.
Si, globalement, le projet de loi du gouvernement a été bien accueilli mardi, l'Association des autorités locales (LGA), un organisme représentant les conseils municipaux, a demandé que les prostituées soient totalement épargnées par la loi et que la justice se concentre sur les clients et les proxénètes. Ann Lucas, de la LGA, a insisté parallèlement sur la nécessité de mettre fin au "syndrome Pretty Woman", "cette vision déformée de la prostitution" engendrée par ce film de 1990 dans lequel la pauvre prostituée (Julia Roberts) tombe sur son prince charmant (le millionnaire Richard Gere).
Environ 80.000 femmes travailleraient en Grande-Bretagne comme prostituées, dont la moitié auraient moins de 25 ans, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Une grande partie d'entre-elles sont arrivées illégalement depuis l'Europe de l'Est. En décembre, deux Albanais d'une vingtaine d'années ont été condamnés à des peines de quatre et six ans de prison ferme pour avoir forcé une jeune femme de 20 ans à se prostituer. Celle-ci leur avait été vendue pour 5.000 livres (7.300 euros) en 2004, après être arrivée clandestinement de Lituanie, avec la promesse de trouver un emploi de serveuse dans un bar.
Photo d'ouverture : archives
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