Hariri : Khaddam a rencontré les enquêteurs de l'Onu à Paris

le 07 janvier 2006 à 10h38 , mis à jour le 07 janvier 2006 à 15h29

L'ancien vice-président syrien, qui dénonce l'implication de Damas dans l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais Hariri, a rencontré vendredi à Paris les enquêteurs de a commission de l'Onu sur cet assassinat.

Abdel Halim KhaddamLe vice-président démissionnaire syrien Abdel Halim Khaddam

"J'ai reçu hier après-midi la commission d'enquête sur l'assassinat du martyr Hariri", a indiqué M. Khaddam, qui vit en exil dans un quartier chic de  Paris, sous protection policière. Interrogé sur le nombre d'enquêteurs rencontrés, il a dit : "Je ne peux pas répondre à cette question". Quant au contenu de l'entretien, il a ajouté: "Je ne peux pas non plus répondre à cette question". Sur RTL, M. Khaddam a réaffirmé que le président syrien "a menacé Rafic Hariri à plusieurs reprises". "Je connais les faits parce que j'ai entendu moi-même Bachar al-Assad. Mais le jugement du poids de ces menaces, et l'implication ou non de Bachar al-Assad (dans le meurtre de Hariri) revient aux enquêteurs", a-t-il ajouté, dans cet entretien diffusé samedi matin. Il a détaillé les menaces entendues : "Un jour, Bachar a convoqué Rafic Hariri en présence d'officiers de sécurité et il l'a rudoyé. Il l'a accusé d'agir contre la Syrie et d'oeuvrer pour l'élection au Liban d'un président anti-syrien. Il a dit que c'est lui qui décidait et il a ajouté 'celui qui va à l'encontre de mes décisions, je le liquide'".

Chef de la vieille garde baassiste, Khaddam a démissionné de toutes ses fonctions politiques en Syrie, faisant le choix de "la patrie" contre "le régime", avait-il expliqué. La commission d'enquête de l'Onu a également demandé à rencontrer Bachar  al-Assad et son ministre des Affaires étrangères Farouk Al-Chareh. Bachar Al-Assad a indiqué qu'il refusait de témoigner devant la commission d'enquête de l'Onu. "Nous avons dit à plusieurs reprises que nous sommes prêts à  coopérer pleinement avec la commission d'enquête de l'Onu, mais cette coopération doit se faire sur une base juridique. Or la demande d'audition du président de la République syrienne et de son ministre des Affaires étrangères  n'a pas de base légale", a-t-il dit dans des déclarations à l'hebdomadaire égyptien Al-Ousbouh, dont des extraits sont publiés samedi par la presse libanaise. Bachar al-Assad a succédé à son père Hafez al-Assad décédé en juin 2000,  après avoir régné trente années sur la Syrie.

Photo : M. Khaddam (archives - DR)

le 07 janvier 2006 à 10:38
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