Mehmet Ali Agca rencontrant Jean Paul IIUn tribunal turc a autorisé la libération la semaine prochaine de Mehmet Ali Agca, le Turc qui avait tenté en 1981 d'assassiner le pape Jean Paul II, a rapporté dimanche l'agence de presse Anatolie. Le tribunal a approuvé un document de la prison d'Istanbul où Agca est enfermé depuis 2000, qui déclare que le détenu a achevé de purger sa peine. Agca, 48 ans, devrait être libéré entre mardi et dimanche prochain, a précisé Anatolie, citant des responsables sous le couvert de l'anonymat. Le Saint-Siège "s'en remet à la décision du tribunal compétent", a réagi dimanche soir le porte-parole du Vatican, Joaquim Navarro-Valls, à l'annonce de la décision de la justice turque.
Le 13 mai 1981, Mehmet Ali Agca, militant ultra-nationaliste alors âgé de 23 ans, avait ouvert le feu sur Jean Paul II sur la place Saint-Pierre à Rome, alors que le souverain pontife se rendait à une audience dans une voiture découverte. Le pape avait été grièvement blessé à l'abdomen. Jean-Paul II, rétabli, avait cependant pardonné à son agresseur qu'il avait rencontré dans sa prison quelques années après l'attentat.
Le mystère Mehmet Ali Agca
La justice italienne avait à son tour passé l'éponge après avoir maintenu l'ancien militant ultra-nationaliste en prison pendant 19 ans mais l'avait remis en 2000 aux autorités turques qui le réclamaient pour purger deux peines auxquelles il avait été condamné par la justice turque, l'une pour une attaque de banque commise dans les années 1970 et l'autre pour le meurtre d'un journaliste turc en 1979. Lorsque Jean Paul II est mort en avril 2005, Agca a déclaré dans sa cellule qu'il portait le deuil de son "frère spirituel" et a demandé aux autorités turques de le laisser assister aux obsèques du pape, mais sa requête a été rejetée.
Beaucoup considèrent Agca comme psychiquement perturbé, alors que d'autres estiment que c'est un manipulateur qui joue les malades mentaux. Dans le passé, il a donné des déclarations contradictoires sur son rôle dans l'attentat contre Jean Paul II, modifiant fréquemment sa version et contraignant les enquêteurs à ouvrir des dizaines d'enquêtes. Le motif de l'assassinat manqué est resté un mystère. Une implication des services secrets bulgares et soviétiques a été avancée mais jamais prouvée.
Photo d'ouverture : Jean-Paul II rencontrant dans sa cellule, le 27 décembre 1983, celui qui avait tenté de l'assassiner - archives
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