Irak attentats 5 janvier 2005 © drPlusieurs attaques meurtrières ont secoué l'Irak jeudi. Dans la plus sanglante des attaques, 67 personnes ont été tuées et 105 blessées dans un attentat suicide devant un centre de recrutement de la police irakienne à Ramadi, selon les hôpitaux de la ville sunnite à 110 km à l'Ouest de Bagdad. "Un kamikaze portant une veste remplie d'explosifs s'est fait exploser à 10H55 près d'une usine où était installé un centre de recrutement", a indiqué l'armée américaine. L'attaque a eu lieu au milieu de 1.000 candidats, âgés de 20 à 35 ans.
La communauté chiite a également été visée par un kamikaze qui a détonné ses explosifs au milieu de la foule dans la ville sainte de Kerbala, à 110 km au Sud de Bagdad. "Nous avons recensé 44 morts et 85 blessés, mais le bilan risque de s'alourdir car plusieurs blessés ont été hospitalisés dans un état grave", a indiqué la police.
Au Nord de Bagdad, quatre policiers ont été tués par des tirs alors que dans la capitale même, trois voitures piégées, dont deux conduites par des kamikazes, ont explosé, faisant trois blessés. Cinq soldats américains ont été tués dans l'explosion d'une bombe artisanale au passage de leur patrouille, au Sud de Kerbala, a annoncé l'armée américaine.
Les attentats ont suscité la colère des responsables politiques chiites, qui ont dénoncé une véritable "campagne d'extermination" des leurs. Pour le Conseil supérieur de la révolution islamique en Irak (CSRII), tête de liste des chiites conservateurs donnés gagnants du scrutin du 15 décembre, "ces crimes sont intervenus après les déclarations et les menaces publiques d'une guerre civile de la part de partis irakiens ayant échoué à atteindre leurs objectifs électoraux". Plusieurs responsables sunnites avaient en effet contesté avec des termes durs les résultats partiels des législatives du 15 décembre remportées par les chiites conservateurs. Les résultats définitifs du scrutin doivent être publiés d'ici quatre jours, selon un responsable de la commission électorale.
Le président Jalal Talabani a dénoncé la flambée de violences mais affirmé qu'elle n'empêcherait pas le pays de se consacrer à "la formation d'un gouvernement d'union nationale".
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