Le président iranien ultraconservateur Mahmoud AhmadinejadQui possède l'arme nucléaire ? La réponse avec notre infographie
La reprise, par l'Iran, d'activités de recherche sensibles dans le domaine du nucléaire accroît les tensions avec les pays occidentaux, qui évoquent des sanctions. Menace dont ne s'effraie pas Téhéran. Samedi, lors de sa deuxième conférence de presse depuis son accession au pouvoir, le président iranien ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad avait déjà réaffirmé le droit de son pays à la technologie nucléaire. Dimanche, le ministre iranien de l'Economie est allé un peu plus loin, en évoquant clairement les possibles répercussions d'une aggravation des tensions sur le marché pétrolier.
"Toute sanction dans la situation actuelle sera plus préjudiciable pour l'occident que pour l'Iran", a averti dimanche le ministre de l'Economie, cité par la télévision d'Etat. "L'Iran a une situation régionale très importante", a-t-il expliqué, et "toute perturbation dans la situation économique et politique du pays peut mettre en crise cette situation régionale et faire augmenter le prix du pétrole au delà de ce qu'attendent les Occidentaux". Comme pour donner poids à cette menace à peine voilée, le représentant de l'Iran au sein de l'Opep annonçait un peu plus tard dans l'après-midi que l'Iran prônait une baisse du quota de production du cartel...
L'inquiétude des marchés
L'Iran est le deuxième pays producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, avec une production d'environ 4,2 millions de barils par jour en 2005, et des exportations de 2,7 millions de barils par jour, pour une consommation mondiale actuellement autour de 84 mbj. L'annonce mardi par la République islamique de sa reprise d'activités nucléaires sensibles, contre l'avis des pays occidentaux, avait déjà fait grimper le cours du baril à New York de trois dollars en deux jours, à près de 65 dollars jeudi.
Réunie à Berlin jeudi, la troïka de l'Union européenne (France, Allemagne, Royaume-Uni) s'est prononcée en faveur d'une saisine du Conseil de sécurité de l'Onu sur le dossier nucléaire iranien. Le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont quant à eux évoqué de possibles sanctions si l'Iran ne revenait pas sur sa décision de reprendre ses activités liées à l'enrichissement d'uranium. Une nouvelle réunion de diplomates Américains, Russes, Chinois et de la troïka européenne est prévue ce lundi à Londres pour discuter d'une éventuelle saisine du Conseil de sécurité. Cette perspective inquiète le marché pétrolier, car même une maigre réduction par l'Iran de ses exportations aurait un effet immédiat sur les cours du pétrole.
Photo d'ouverture : le président iranien ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad, lors de sa conférence de presse de samedi - DR
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