Malgré les injonctions des Occidentaux à ne pas franchir ce pas, l'Iran a levé mardi les scellés de plusieurs centres de recherche nucléaire, dont ceux de Natanz, qui permet l'enrichissement de l'uranium.
En présence des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique, le travail a repris immédiatement sur ces installations. Téhéran précise néanmoins que "la production de combustible nucléaire est toujours suspendue", laissant entendre que qu'il n'allait pas à ce stade alimenter ses centrifugeuses.
"Mépris"
La décision de Téhéran a été immédiatement condamnée. "L'Iran a choisi la confrontation et montré son mépris pour les inquiétudes et pour la diplomatie internationales" a déclaré l'ambassadeur américain auprès de l'AIEA à Vienne, Gregory Schulte.
Lors de ses voeux au corps diplomatique, Jacques Chirac a quant à lui souligné que l'Iran, mais aussi la Corée du nord, doivent respecter leurs engagements internationaux en matière nucléaire et "commettraient une grave erreur en ne saisissant pas la main que nous leur tendons".
Le ministre britannique des Affaires étrangères Jack Straw s'est déclaré "profondément inquiet", estimant que l'Iran n'avait "aucune bonne raison" d'agirs ainsi "si ses intentions sont réellement pacifiques".
Vers un transfert à l'ONU ?
En octobre 2003, l'Iran avait suspendu volontairement ses activités liées à l'enrichissement, en gage de bonne volonté vis-à-vis de la communauté internationale. L'usine de Natanz était la principale concernée par cette mesure.
La décision de l'Iran avait débouché en novembre 2004 sur un accord formel avec la troïka européenne (Allemagne, France, Royaume-Uni) sur l'ouverture de négociations. Celles-ci avaient été rompues en août 2005, après la reprise de la conversion d'uranium à Ispahan, préalable à l'enrichissement. Des discussions ont repris finalement le 21 décembre et sont censées se poursuivre le 18 janvier à Vienne. Mais la décision iranienne augure mal de la suite. Si Téhéran persiste, l'AIEA devrait alors lui adresser un ultimatum pour éviter le transfert du dossier devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Craintes
Le programme nucléaire civil de l'Iran préoccupe particulièrement les Etats-Unis et l'Union européenne qui craignent qu'il ne dissimule un volet militaire pour se doter à terme de la bombe atomique.
L'enrichissement d'uranium est en effet une étape cruciale de la filière nucléaire, car il permet, selon le degré de concentration, de produire aussi bien du combustible pour une centrale atomique que la charge d'une bombe.
(photo afp : la centrale de Natanz)







