L'Iran va reprendre ses recherches nucléaires

le 07 janvier 2006 à 15h12 , mis à jour le 07 janvier 2006 à 15h51

Téhéran a annoncé officiellement samedi son intention de lever dès lundi les scellés sur ses centres de recherche nucléaire. Une délégation russe tente encore de négocier un compromis sur un programme d'enrichissement de l'uranium iranien en Russie.

usine_nucleaire_iran

Jeudi déjà, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, avait fait savoir que son pays comptait reprendre, malgré les inquiétudes occidentales, des recherches sur le combustible nucléaire. Téhéran avait également informé par "note verbale" l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qu'il allait reprendre à partir du 9 janvier ses activités de recherche nucléaire, suspendues il y a plus de deux ans. Samedi, c'est un haut responsable du secteur nucléaire iranien qui a indiqué que les scellés placés sur les centres de recherche nucléaire seraient levés dès lundi, sous la supervision des inspecteurs de l'AIEA présents à Téhéran.

Malgré la décision iranienne, les négociations entre l'Iran et la Russie à propos de la proposition de Moscou sur l'enrichissment de l'uranium iranien ont débuté samedi à Téhéran. Le plan russe, qui a le soutien des Européens et des Etats-Unis, propose à l'Iran de transférer ses activités d'enrichissement d'uranium en Russie afin d'éviter que l'Iran ne les mène sur son territoire. Ce procédé permet d'obtenir aussi bien du combustible nucléaire que la charge d'une bombe atomique. Selon l'agence de presse russe Itar Tass, la délégation russe est dirigée par Valentin Sobolev, secrétaire-adjoint du Conseil de sécurité nationale russe, et comprend le vice-ministre des Affaires étrangères Serguei Kislyak et des représentants de l'agence de l'énergie atomique russe Rosatom.

Menaces américaines

Ces dernières semaines, les responsables iraniens ont soufflé le chaud et le froid à propos du plan russe, déclarant dans un premier temps que l'Iran pouvait le considérer, avant d'affirmer que l'Iran insistait toujours sur son droit à faire de l'enrichissement sur son propre sol. Si le plan russe "dit que l'enrichissement peut seulement avoir lieu en Russie, cela n'est pas acceptable (...) mais si c'est un plan parallèle et complémentaire, nous le considérerons", a déclaré mardi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères. En réalité, l'annonce par Téhéran de la reprise d'activités de recherche nucléaire laisse peu de chance de succès à la proposition russe, considérée comme une dernière tentative d'arriver à un compromis diplomatique pour régler la question nucléaire iranienne.

Dans un communiqué, le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei a demandé cette semaine à l'Iran de ne pas reprendre ses activités de recherche et a rappelé "l'importance accordée par le conseil des gouverneurs de l'AIEA à ce que l'Iran maintienne la suspension de toutes les activités liées à l'enrichissement (de l'uranium) en tant que mesure de confiance essentielle". Berlin et Paris ont prévenu Téhéran que la reprise des recherches "remettrait sérieusement en cause la poursuite des discussions" avec l'UE-3 (Allemagne, France, Grande-Bretagne), en principe le 18 janvier en Autriche. De son côté, la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, a averti jeudi l'Iran que Washington saisirait le Conseil de sécurité de l'Onu si Téhéran persistait dans sa décision de reprendre les recherches nucléaires sensibles. Les Iraniens "ne devraient pas le faire, parce que ce serait alors le signe qu'ils ne sont pas véritablement disposés à régler le dossier par la voie diplomatique", a dit Mme Rice devant la presse.

Photo d'ouverture : image satellite d'un centre de recherche iranien - DR

le 07 janvier 2006 à 15:12
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