© afpL'Iran a continué de défier l'Occident en affirmant jeudi qu'il n'était "pas inquiet" d'un éventuel envoi de son dossier nucléaire au Conseil de sécurité de l'Onu. "Ce n'est pas ce que nous voulons mais si c'est le cas, notre peuple devra être mobilisé et les responsables devront préparer une stratégie et avoir une diplomatie forte, qui nous permettront de défendre la justesse de notre position" à l'Onu, a ajouté Abdolreza Rahmani Fazli, l'adjoint d'Ali Larijani, dirigeant iranien en charge du dossier nucléaire -t-il ajouté.
"Du droit de chaque Etat"
L'Iran a provoqué une vague de condamnations internationales en annonçant mardi sa décision de reprendre des activités de recherche nucléaire.
Les Etats-Unis et l'Union européenne craignent que le programme civil nucléaire de l'Iran ne dissimule un volet militaire et que ce pays se dote à terme de la bombe atomique. Mais l'Iran a toujours démenti. Dans des extraits d'une interview diffusée en soirée par la chaîne CNN, M. Larijani a défendu la reprise des recherches nucléaires de l'Iran, en assurant que ces "recherches n'avaient rien à voir avec l'enrichissement". "Il est du droit de chaque Etat membre de l'Agence (internationale de l'énergie atomique, AIEA) de procéder à des recherches", a-t-il dit en soulignant que "les autres pays devraient venir en aide à ces Etats". M. Larijani a aussi soutenu que "les craintes" des Occidentaux n'étaient pas fondées.
Le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan s'est entretenu pendant quarante minutes jeudi au téléphone avec M. Larijani. Le même jour à Berlin, la troïka européenne a jugé que "le temps est venu pour que le Conseil de sécurité soit impliqué, afin de renforcer l'autorité des résolutions de l'AIEA" dans le dossier nucléaire iranien. "Nous allons demander une réunion extraordinaire du conseil des gouverneurs de l'AIEA, avec pour objectif qu'il prenne toutes les mesures nécessaires à cette fin", ajoute la déclaration des chefs de la diplomatie de France, de Grande-Bretagne et d'Allemagne, ainsi que du haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana.
Condamnation américaine
Les Etats-Unis "condamnent l'escalade délibérée" décidée par l'Iran sur son dossier nucléaire, a déclaré jeudi la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice. "Les Etats-Unis "soutiennent pleinement" la décision de l'UE-3, a-t-elle ajouté.
Avant même la réunion de Berlin, le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que la décision de l'Iran de maîtriser la technologie nucléaire était "irréversible", malgré les pressions internationales. Le président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad a expliqué que son pays poursuivrait son programme atomique pour ne pas dépendre du monopole des puissances nucléaires civiles. Il a répété que son gouvernement allait "répondre aux aspirations du peuple avec force, patience et sagesse pour obtenir une technologie (nucléaire) pacifique".
Le Guide suprême Ali Khamenei avait donné le ton dès lundi en prévenant que "les menaces de sanctions n'auront aucun effet" sur la détermination de l'Iran, en allusion à la possible saisine de l'Onu qui pourrait décider de sanctions.
(La centrale nucléaire de Natanz/AFP/DR)
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