
Pour le 4e jour consécutif, Abidjan était toujours paralysé jeudi par des partisans du président ivoirien Laurent Gbgabo. Comme les jours précédents, devant le siège de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci), une des cibles favorites des manifestants, 300 jeunes harcelaient les gardes en lançant des pierres.
Pourtant, mercredi soir, Laurent Gbagbo et son Premier ministre de transition Charles Konan Banny ont appelé leurs compatriotes "à se retirer des rues" et à "reprendre le travail" après une réunion avec le président nigérian, Olusegun Obasanjo. Un appel qui faisait suite à des affrontements meurtriers -au moins quatre morts parmi les manifestants- entre partisans du président et Casques bleus bangladais, qui ont dû évacuer sous escorte de l'armée ivoirienne deux localités de l'ouest du pays.
Face à cette brusque détérioration de la situation, le président nigérian, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union Africaine (UA), est arrivé mercredi soir à Abidjan. Il y a donc rencontré pendant plusieurs heures Laurent Gbagbo et Charles Konan Banny, en présence notamment du représentant spécial du secrétaire général de l'Onu, Pierre Schori. Un communiqué publié à l'issue de la rencontre précise que MM. Gbagbo et Banny sont "invités" à "continuer leur consultation en vue de parvenir à une solution politique" de la crise actuelle "dans les jours à venir".
"Un chemin tracé"
Le Conseil de sécurité de l'Onu doit se réunir jeudi pour "envoyer un message plus fort que les précédents", en évoquant notamment la possibilité de sanctions individuelles contre les responsables ivoiriens, a indiqué son président, l'ambassadeur de Tanzanie à l'Onu, Augustine Mahiga.
Le Premier ministre français Dominique de Villepin, dont le pays entretient une force d'interposition en Côte d'Ivoire, a tenté de calmer le jeu. "Il y a des échéances, des perspectives fixées jusqu'en octobre pour les élections présidentielles, il y a un chemin tracé pour la voie du désarmement, et chacun doit s'en tenir à ses obligations", a dit M. de Villepin, durant un déplacement en Allemagne.
"Situation très préoccupante"
Les partisans du pouvoir manifestent contre la décision du Groupe de travail international (GTI), chargé du suivi du processus de paix, de ne pas prolonger le mandat de l'Assemblée nationale, dominée par les partisans de M. Gbagbo, qui a expiré en décembre. Ils y voient une "atteinte à la souveraineté nationale" et réclament le départ des 7000 Casques bleus et 4000 militaires français. "Le Groupe de travail international n'a pas de pouvoir pour dissoudre l'assemblée nationale", précise le communiqué publié mercredi soir, soulignant que le GTI "n'a pas dissous" cette assemblée.
La veille, le parti présidentiel, le Front populaire ivoirien (FPI), avait accru la tension en annonçant son retrait du gouvernement de transition de M. Banny, qui regroupait toutes les tendances ivoiriennes. Ce geste a été perçu, chez des diplomates, comme "un signe de défiance" à l'égard de la communauté internationale.
(Image : manifestation à Abijdan, ce jeudi)
D'après AFP
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