Népal : plus d'espoir pour Jean-Christophe Lafaille

le 31 janvier 2006 à 08h38 , mis à jour le 31 janvier 2006 à 12h00

Les recherches pour retrouver la trace de l'alpiniste français Jean-Christophe Lafaille, n'ont rien donné selon LCI. Il s'était lancé en solitaire à l'assaut du Makalu (8.463 mètres), au Népal. Son épouse part mercredi pour Katmandou "pour dire au revoir" à son mari.

Jean-Christophe Lafaille

Jean-Christophe Lafaille n'a donné aucune nouvelle de lui depuis vendredi. L'alpiniste français, âgé de 39 ans, s'était lancé dans une tentative d'ascension hivernale en solitaire du Makalu, au Népal, qui culmine à 8.463 mètres. Son épouse, Katia, avait demandé lundi "une reconnaissance en hélicoptère et aussi avec un petit avion, l'hélicoptère ne pouvant monter au-delà d'une certaine altitude". Mais selon la chaîne LCI, les recherches entamés en début de journée mardi n'ont rien donné et vont être abandonnées. Il faudrait un miracle à présent pour que Jean-Christophe Lafaille ne soit retrouvé vivant.

Intérrogé par LCI, Serge Koenig, conseiller montagne du ministre à la Jeunesse et aux Sports a précisé que l'hélicoptère a effectué mardi matin plusieurs rotations dans la zone où l'alpiniste était porté disparu. L'appareil est monté jusqu'à 7.000 mètres. Koening précise que si quelqu'un de vivant se trouvait dans le périmètre, il aurait certainement entendu le vacarme de l'engin et se serait certainement signalé. L'hélicoptère a survolé également les différents camps de l'alpiniste dont celui de base où il a récupéré deux des trois Népalais qui accompagnaient jusque-là Jean-Christophe Lafaille. Serge Koenig a ajouté que monter une opération de secours s'avère très difficile en raison des conditions climatiques extrêmes qui règnent actuellement en altitude au Népal. Cela prendrait au minimum trois semaines.

"On est en hiver, il fait froid, il y a du vent, il y a un environnement où la durée de vie est limitée. Médicalement parlant, un délai de survie pour un homme à 8.000 m est de 5 jours maximum et cela dans les meilleures conditions possibles", précise Serge Koenig à l'AFP. De son côté, l'épouse de l'alpiniste, Katia Lafaille, a indiqué mardi toujours à l'AFP qu'elle partirait mercredi pour Katmandou et qu'elle voulait survoler le Makalu "pour dire au revoir" à son mari, reconnaissant implicitement qu'il n'y avait plus d'espoir de le retrouver vivant.

Alpiniste hors-pair

Les proches de l'alpiniste n'étaient pas en contact avec le camp de base, mais avec Jean-Christophe Lafaille lui-même, qui disposait d'un téléphone satellitaire. La dernière communication date de jeudi 26 janvier, alors qu'il se trouvait à 7.600 mètres, à la veille de l'assaut final. Parti mardi 24 janvier de son camp de base, à 5.300 mètres, il a bivouaqué le soir même à 6.000 mètres, le 25 à 6.900 mètres et le 26 à 7.600 mètres, selon Katia Lafaille.

Il devait partir dans la nuit et gagner le sommet vendredi 27 janvier. Le contact prévu le même jour, au terme de cette tentative, n'a pas eu lieu, a indiqué Mme Lafaille et, depuis, il n'a plus été possible de joindre l'alpiniste.

Jean-Christophe Lafaille a gravi onze sommets de plus de 8.000 mètres, la plupart en solitaire ou par des voies nouvelles. Il a déjà réussi en décembre 2004 une hivernale en solitaire et en style alpin au Sishapangma (8.064 mètres), jusque-là jugée impossible sur les plus de 8.000 mètres.

En 1992, alors qu'il faisait ses débuts dans l'himalayisme avec l'alpiniste Pierre Beghin dans la face sud de l'Annapurna, ce dernier avait fait une chute mortelle à 7.000 mètres d'altitude. Laissé seul et sans matériel d'assurage, Jean-Christophe Lafaille avait alors désescaladé la face sud, en un chemin de croix qui avait duré cinq jours, réapparaissant au camp de base alors qu'on le donnait pour mort.

(Jean-Christophe Lafaille au Népal/archives/DR)

le 31 janvier 2006 à 08:38
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8 Commentaires

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  • EVA, le 31/01/2006 à 12h49

    Une vie probablement perdue... et combien de vies risquées pour tenter de le retrouver ? On nous a souvent rappelé que les recherches en montagne, en hiver, sont toujours très dangereuses pour les sauveteurs. On ne peut que se désoler pour cet alpiniste et ses proches mais lui au-moins a pris des risques en toute connaissance de cause, comme tous les sportifs de l'extrême. Ce qui me gêne beaucoup, c'est qu'ils mettent en péril la vie de ceux qui vont devoir tenter de les secourir. Idem pour les skieurs hors pistes, les spéléologues, rafteurs et autres aventuriers imprudents, enfin tous les passionnés. On ne devrait pas mettre en danger la vie des autres pour assouvir une passion....

  • Emmanuel, le 31/01/2006 à 12h36

    Adieu Jean-Christophe... On n'oubliera jamais tes exploits...

  • Marais, le 31/01/2006 à 12h21

    Au vu des conditions, il est effectivement très difficile de penser que Jean Christophe soit resté en vie. Cependant, vu l'entrainement et le palmares de l'Alpiniste, je pense, également en tant qu'Alpiniste, qu'un délai de 8 jours est possible avant de tirer toute conclusion. L'alpiniste, à moins d'une fracture, peut sortir d'une crevasse plusieurs jours après une chute (Cf Messner et ses chevilles)

  • Maja, le 31/01/2006 à 11h49

    J'ai vu une émission sur lui il y a quelque mois où il reconnaissait que son choix de faire des escalades en conditions extrêmes et en solitaire avait quelque chose de pervers(au sens où il éprouvait une certaine jouissance à flirter en toute conscience avec la mort). Il a rencontré le destin qu'il avait choisi, même dans la mort. J'imagine qu'il n'a jamais eu comme ambition de finir ses jours dans son lit. En revanche, je pense à sa femme et sa famille, toutes mes pensées sont avec eux. Mais sans doute avaient-ils aussi accepté son choix de vie.

  • Nicedeville, le 31/01/2006 à 11h38

    Un vrai aventurier! C'est une tragedie ...mais heureusement il a quitte notre planete en faisant ce qu'il aime par dessus tout : repousser le danger dans des conditions extremes. Mes sinceres condoleances pour la famille et les proches...

  • Dan, le 31/01/2006 à 10h50

    Je pense à l'aventure de Guillaumet dans la cordillère des Andes...L'être humain a des ressources extraordinaires...Ne perdons pas espoir...

  • Montagne, le 31/01/2006 à 10h14

    Moi qui suis un simple randonneur en montagne, cette nouvelle me bouleverse. J'avais lu son livre prisonniers de l'Anapurna il y a 2 ans et je m'étais dit que cet alpiniste était largement au dessus des autres et qu'il ne pourrait rien lui arriver. Malheureusement il en est autrement et les sommets ont eu le dernier mot.

  • Vastre, le 31/01/2006 à 10h01

    L'alpinisme est un loisir extrêmement risqué. Même les meilleurs y perdent parfois la vie ! Bravo et au revoir, Jean-Christophe.

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