
Jean-Christophe Lafaille n'a donné aucune nouvelle de lui depuis vendredi. L'alpiniste français, âgé de 39 ans, s'était lancé dans une tentative d'ascension hivernale en solitaire du Makalu, au Népal, qui culmine à 8.463 mètres. Son épouse, Katia, avait demandé lundi "une reconnaissance en hélicoptère et aussi avec un petit avion, l'hélicoptère ne pouvant monter au-delà d'une certaine altitude". Mais selon la chaîne LCI, les recherches entamés en début de journée mardi n'ont rien donné et vont être abandonnées. Il faudrait un miracle à présent pour que Jean-Christophe Lafaille ne soit retrouvé vivant.
Intérrogé par LCI, Serge Koenig, conseiller montagne du ministre à la Jeunesse et aux Sports a précisé que l'hélicoptère a effectué mardi matin plusieurs rotations dans la zone où l'alpiniste était porté disparu. L'appareil est monté jusqu'à 7.000 mètres. Koening précise que si quelqu'un de vivant se trouvait dans le périmètre, il aurait certainement entendu le vacarme de l'engin et se serait certainement signalé. L'hélicoptère a survolé également les différents camps de l'alpiniste dont celui de base où il a récupéré deux des trois Népalais qui accompagnaient jusque-là Jean-Christophe Lafaille. Serge Koenig a ajouté que monter une opération de secours s'avère très difficile en raison des conditions climatiques extrêmes qui règnent actuellement en altitude au Népal. Cela prendrait au minimum trois semaines.
"On est en hiver, il fait froid, il y a du vent, il y a un environnement où la durée de vie est limitée. Médicalement parlant, un délai de survie pour un homme à 8.000 m est de 5 jours maximum et cela dans les meilleures conditions possibles", précise Serge Koenig à l'AFP. De son côté, l'épouse de l'alpiniste, Katia Lafaille, a indiqué mardi toujours à l'AFP qu'elle partirait mercredi pour Katmandou et qu'elle voulait survoler le Makalu "pour dire au revoir" à son mari, reconnaissant implicitement qu'il n'y avait plus d'espoir de le retrouver vivant.
Alpiniste hors-pair
Les proches de l'alpiniste n'étaient pas en contact avec le camp de base, mais avec Jean-Christophe Lafaille lui-même, qui disposait d'un téléphone satellitaire. La dernière communication date de jeudi 26 janvier, alors qu'il se trouvait à 7.600 mètres, à la veille de l'assaut final. Parti mardi 24 janvier de son camp de base, à 5.300 mètres, il a bivouaqué le soir même à 6.000 mètres, le 25 à 6.900 mètres et le 26 à 7.600 mètres, selon Katia Lafaille.
Il devait partir dans la nuit et gagner le sommet vendredi 27 janvier. Le contact prévu le même jour, au terme de cette tentative, n'a pas eu lieu, a indiqué Mme Lafaille et, depuis, il n'a plus été possible de joindre l'alpiniste.
Jean-Christophe Lafaille a gravi onze sommets de plus de 8.000 mètres, la plupart en solitaire ou par des voies nouvelles. Il a déjà réussi en décembre 2004 une hivernale en solitaire et en style alpin au Sishapangma (8.064 mètres), jusque-là jugée impossible sur les plus de 8.000 mètres.
En 1992, alors qu'il faisait ses débuts dans l'himalayisme avec l'alpiniste Pierre Beghin dans la face sud de l'Annapurna, ce dernier avait fait une chute mortelle à 7.000 mètres d'altitude. Laissé seul et sans matériel d'assurage, Jean-Christophe Lafaille avait alors désescaladé la face sud, en un chemin de croix qui avait duré cinq jours, réapparaissant au camp de base alors qu'on le donnait pour mort.
(Jean-Christophe Lafaille au Népal/archives/DR)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




