Nucléaire : le président iranien sourd aux menaces

le 14 janvier 2006 à 16h18 , mis à jour le 14 janvier 2006 à 16h42

Mahmoud Ahmadinejad a réaffirmé samedi le droit de son pays à la technologie nucléaire, tout en niant que Téhéran cherche à se doter de l'arme atomique. Il a délibérément écarté les menaces d'un recours des Occidentaux au Conseil de sécurité de l'Onu.

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Le président iranien ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad a réaffirmé samedi que son pays ne renoncerait pas à son programme nucléaire, malgré les pressions occidentales. "Même si le Conseil de sécurité devait s'impliquer, cela n'aiderait pas à résoudre le problème. Nous ne cherchons pas à prendre cette direction, mais si certains insistent à vouloir priver le peuple iranien de ses droits, ils doivent savoir qu'une telle chose n'arrivera pas", a dit le président, lors de sa deuxième conférence de presse depuis son élection en juin dernier.

Il a balayé d'un revers la menace de sanctions, évoquées par des responsables européens et américains. "Aujourd'hui le langage de l'oppression, de l'intimidation, basé sur la force nucléaire est révolu", a indiqué Mahmoud Ahmadinejad, selon qui "c'est la volonté des peuples qui est déterminante". Il a même évoqué de possibles représailles de l'Iran, en soulignant que son pays a "les moyens nécessaires pour défendre ses intérêts". Répondant à une question sur l'utilisation éventuelle de l'arme pétrolière par l'Iran en cas de sanctions, Mahmoud Ahmadinejad a expliqué que "ces gens qui utilisent contre nous un langage violent, ont dix fois plus besoin de nous que nous n'avons besoin d'eux".

"Notre nation n'acceptera rien qui lui soit imposé"

Sur un ton empreint de confiance, il a de la même façon minimisé la menace du recours par les Occidentaux au Conseil de sécurité de l'Onu. "Vous ne devriez pas utiliser avec autant de liberté le nom du Conseil de sécurité, parce que vous finirez par le discréditer", a dit le président, en "recommandant (aux Occidentaux) de ne pas s'isoler avec leurs menaces". Vendredi, le président américain George W. Bush avait jugé "logique" que le dossier nucléaire iranien soit envoyé au Conseil, en parlant d'empêcher la République islamique d'avoir l'arme nucléaire. Mais le président iranien, tout en répétant que son pays ne cherchait pas à obtenir l'arme atomique, a assuré que "naturellement, notre nation n'acceptera rien qui lui soit imposé. Il est de notre droit définitif d'avoir la technologie nucléaire".

L'Iran a annoncé mardi avoir repris des activités de recherche nucléaire suspendues depuis la fin 2003. Selon le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei, il a notamment informé cette dernière de son intention de procéder à un enrichissement d'uranium à petite échelle. Or les Occidentaux craignent qu'en maîtrisant cette technologie, qui permet d'obtenir le combustible d'une centrale mais aussi la charge d'une bombe nucléaire, le programme iranien échappe ensuite à tout contrôle.

"Pourquoi avez-vous doté le régime qui occupe Jérusalem d'armes nucléaires?"

Mahmoud Ahmadinejad a esquivé au moins deux questions de journalistes demandant la confirmation que l'Iran entendait bien reprendre l'enrichissement d'uranium, même à petite échelle, dans un but de recherche. "La recherche a un sens bien précis dans le monde entier", s'est-il contenté de dire. Il a aussi rejeté les accusations occidentales d'un manque de coopération de l'Iran sur son programme nucléaire, depuis la suspension par ce pays de ses activités sensibles en 2003. "Pendant deux an et demi le gouvernement iranien a pris des mesures de confiance, et maintenant le temps est venu pour que les pays occidentaux prennent des mesures de confiance à notre égard", a affirmé le président. Il a accusé à cet égard "certains pays occidentaux d'avoir une mentalité du Moyen-Age, quand ils disent que nous n'avons pas le droit de faire de la recherche".

Dans un autre registre, le président iranien a qualifié les partisans de l'Etat hébreu de "coresponsables des crimes commis par Israël", et juré qu'ils en répondraient devant des tribunaux palestiniens. "Pourquoi avez-vous doté le régime qui occupe Jérusalem d'armes nucléaires?", a encore dit Mahmoud Ahmadinejad, qui avait scandalisé une bonne partie de la communauté internationale en jugeant que Israël "doit être rayé de la carte".

Photo d'ouverture : la conférence de presse du président iranien, samedi - DR

le 14 janvier 2006 à 16:18
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