
L'effondrement d'un hall d'expositions au toit chargé de neige à Chorzow dans le sud de la Pologne, a fait 62 morts et 140 blessés, selon un nouveau bilan révisé à la baisse présenté par le ministre polonais de la justice lundi après-midi . Toutes les autorités avaient auparavant établi le bilan des personnes décédées à 67 . "Jusqu'à présent, nous avions des estimations", a expliqué à l'AFP le porte-parole de la police locale. "Les corps étaient transportés vers différentes morgues de la région et les informations sur les personnes décédées provenaient de différents services", a-t-il dit. "Aujourd'hui, nous avons réuni tous les corps dans un même endroit", a-t-il ajouté.
Les sauveteurs doivent effectuer ce lundi une dernière inspection des lieux de la catastrophe, à l'aide de chiens spécialisés dans la recherche des cadavres, avant de laisser la place à des engins lourds pour déblayer le hall. Un total de 21 chiens renifleurs ont déjà été utilisés durant l'opération de sauvetage depuis samedi après-midi. Le dernier corps a été retiré des décombres dimanche en milieu d'après-midi. Il s'agissait pour la plupart de passionnés de pigeons voyageurs. Le chef d'Etat a proclamé trois jours de deuil national suite à cette "plus grande tragédie de la Pologne démocratique" depuis la chute du communisme en 1989.
Un mètre de neige sur le toit
Environ 1.300 pompiers, secouristes, soldats et policiers, venus de toute la Pologne, ont participé aux opérations de sauvetage. "La neige amassée sur le toit de ce hall d'une surface de 10.000 m2 peut avoir été à l'origine de l'accident", a déclaré Janusz Jonczyk, porte-parole des pompiers locaux.
Début janvier, dans un accident similaire, le toit d'une patinoire à Bad Reichenhall en Allemagne s'était écroulé sous le poids de la neige, faisant 15 morts. La société qui gère les bâtiments du centre d'expositions a assuré que les toits avaient été régulièrement contrôlés et déneigés. Mais une journaliste de l'AFP a constaté qu'un mètre de neige gelée et donc très lourde collait aux pans de toit tombés à terre.
Le ministre polonais de l'intérieur Ludwik Dorn a implicitement privilégié l'hypothèse de la neige en ordonnant dimanche le déneigement des toits de tous les bâtiments publics, en particulier des hypermarchés et des piscines. Le Premier ministre Kazimierz Marcinkiewicz avait annoncé samedi soir l'ouverture de toute une série d'enquêtes.
"Bourré de monde"
Le hall, situé dans la conurbation de Katowice, abritait une rassemblement international de colombophiles, baptisé "Pigeon 2006". "On a entendu un bruit terrible, puis tout le toit s'est effondré", a raconté à l'AFP, la tête en sang, Henk Weerde, un vétérinaire belge de 60 ans. "J'étais assis à 2 mètres du toit qui s'est écroulé. Tout c'est passé très rapidement, en trois secondes", a expliqué un autre rescapé, Jan Panek, joint au téléphone sur son lit d'hôpital.
"Si le toit s'était effondré une heure plus tôt, il y aurait eu une hécatombe. Le hall d'expositions était alors bourré de monde. Il y avait tellement de monde que l'on ne pouvait pas passer", a-t-il ajouté. "On a cassé une porte de secours, c'était la panique, on est sortis vite comme des rats", a raconté un exposant belge, Joseph de Scheemaecker. "Je m'étais endormi sur une chaise, j'ai été réveillé par des hurlements, la lumière s'est éteinte, j'ai vu une lueur au loin comme dans un film d'horreur, je l'ai suivie", a raconté Ryszard Kruszczynski, un colombophile polonais, qui a perdu deux amis dans la catastrophe.
Dans ce pays très catholique qu'est la Pologne, les victimes avaient reçu dès samedi soir l'absolution de leur péchés. "On a le droit de le faire pour un groupe quand il y a un danger de mort", a expliqué à l'AFP le père Antoni Kraimski, venu sur place.
(Des proches se recueillent sur les lieux de l'accident dimanche, TF1)
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