
L'effondrement d'un hall d'expositions au toit chargé de neige à Chorzow dans le sud de la Pologne, a fait 66 morts et 141 blessés, pour la plupart des passionnés de pigeons voyageurs, selon un bilan quasi-définitif. Le chef d'Etat a proclamé trois jours de deuil national suite à cette "plus grande tragédie de la Pologne démocratique" depuis la chute du communisme en 1989.
A la mi-journée dimanche, les sauveteurs ont abandonné les recherches, considérant qu'il était pratiquement certain qu'ils avaient retiré tous les corps de l'amas de neige et de tôles. Le hall, qui abritait une rassemblement de colombophiles, s'était écroulé samedi soir.
Les victimes qui ne sont pas décédées sur le coup sont probablement mortes de froid, car le thermomètre est descendu à -17°C dans la nuit de samedi à dimanche. "Ce tas de tôles, avec la neige agit comme un congélateur", a expliqué Marek Brodzki, un chirurgien qui a travaillé sur place. La dernière personne vivante a été sortie du lieu de la tragédie vers 22H00 (21h00 GMT).
Un mètre de neige sur le toit
Environ 1.300 pompiers, secouristes, soldats et policiers, venus de toute la Pologne, ont participé pendant la nuit aux opérations de sauvetage. "La neige amassée sur le toit de ce hall d'une surface de 10.000 m2 peut avoir été à l'origine de l'accident", a déclaré Janusz Jonczyk, porte-parole des pompiers locaux.
Début janvier, dans un accident similaire, le toit d'une patinoire à Bad Reichenhall en Allemagne s'était écroulé sous le poids de la neige, faisant 15 morts. La société qui gère les bâtiments du centre d'expositions a assuré que les toits avaient été régulièrement contrôlés et déneigés. Mais une journaliste de l'AFP a constaté qu'un mètre de neige gelée et donc très lourde collait aux pans de toit tombés à terre.
Le ministre polonais de l'intérieur Ludwik Dorn a implicitement privilégié l'hypothèse de la neige en ordonnant dimanche le déneigement des toits de tous les bâtiments publics, en particulier des hypermarchés et des piscines. Le Premier ministre Kazimierz Marcinkiewicz avait annoncé samedi soir l'ouverture de toute une série d'enquêtes.
"Bourré de monde"
Le hall, situé dans la conurbation de Katowice, abritait une rassemblement international de colombophiles, baptisé "Pigeon 2006". "On a entendu un bruit terrible, puis tout le toit s'est effondré", a raconté à l'AFP, la tête en sang, Henk Weerde, un vétérinaire belge de 60 ans. "J'étais assis à 2 mètres du toit qui s'est écroulé. Tout c'est passé très rapidement, en trois secondes", a expliqué un autre rescapé, Jan Panek, joint au téléphone sur son lit d'hôpital.
"Si le toit s'était effondré une heure plus tôt, il y aurait eu une hécatombe. Le hall d'expositions était alors bourré de monde. Il y avait tellement de monde que l'on ne pouvait pas passer", a-t-il ajouté. "On a cassé une porte de secours, c'était la panique, on est sortis vite comme des rats", a raconté un exposant belge, Joseph de Scheemaecker. "Je m'étais endormi sur une chaise, j'ai été réveillé par des hurlements, la lumière s'est éteinte, j'ai vu une lueur au loin comme dans un film d'horreur, je l'ai suivie", a raconté Ryszard Kruszczynski, un colombophile polonais, qui a perdu deux amis dans la catastrophe.
Dans ce pays très catholique qu'est la Pologne, les victimes avaient reçu dès samedi soir l'absolution de leur péchés. "On a le droit de le faire pour un groupe quand il y a un danger de mort", a expliqué à l'AFP le père Antoni Kraimski, venu sur place.
(Des proches se recueillent sur les lieux de l'accident dimanche, TF1)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




