Le Portugal vire à droite

le 23 janvier 2006 à 07h45 , mis à jour le 23 janvier 2006 à 09h15

Cavaco Silva est devenu dimanche le premier chef d'Etat portugais de droite depuis la Révolution des Oeillets, en 1974. Une victoire de justesse, mais dès le premier tour, face à cinq adversaires de gauche. Il a promis d'être "le président de tous les Portugais".

président portugais

Cavaco Silva est le nouveau président du Portugal. Le candidat socal-démocrate a obtenu 50,59% des voix, selon des résultats pratiquement définitifs publiés tard dimanche soir alors qu'il ne restait à dépouiller que les votes de deux des 4.260 circonscriptions électorales. Le nouveau président, appuyé par le Parti social-démocrate et la droite, a affirmé qu'il "veut être et sera le président de tous les Portugais". "Je salue les Portugais, tous les Portugais, pour le sens civique qu'ils ont  démontré lors de cet acte électoral", a-t-il affirmé, soulignant le "pourcentage  significatif" de la participation - qui a atteint 62% - , lors d'une  intervention dans le Centre culturel de Belem, à l'est de la capitale.

"Je connais l'importance de la stabilité. Le pays en a besoin pour aller de  l'avant", a-t-il également affirmé alors que pendant la campagne ses adversaires de gauche avaient prédit une "crise institutionnelle" s'il gagnait, le  soupçonnant de vouloir être "un deuxième Premier ministre" au lieu de se cantonner dans ses fonctions présidentielles. "Je vais coopérer avec le gouvernement" dans "un esprit de loyauté et  d'entraide", a-t-il assuré, devant des centaines de sympathisants et alors que  des milliers d'autres l'acclamaient au dehors, en agitant des drapeaux nationaux  et du PSD et en scandant son nom. Les Portugais ont fait confiance à Cavaco Silva qui était à la tête du gouvernement quand le pays a adhéré en 1986 à la Communauté économique européenne et bénéficié des fonds européens qui  permirent une amélioration très sensible des conditions de vie.

Silva a bénéficié des "hésitations du PS"

Austère professeur d'économie, libéral, âgé de 66 ans, Cavaco Silva devra cohabiter avec José Socrates, au pouvoir depuis mars dernier après des élections législatives qui avaient donné la majorité absolue au Parti socialiste (PS). Le leader historique des socialistes portugais et candidat à l'élection présidentielle de dimanche au Portugal, Mario Soares, a reconnu la victoire dès le premier tour de l'ex-Premier ministre de centre-droit. Quant à Manuel Alegre, député du Parti socialiste au pouvoir qui se présentait comme indépendant, il a souligné que ses idées ont reçu le soutien de  plus d'un "million de voix" (20,72%) et qu'il espérait contribuer "au  renouvellement de la vie politique". Pour le secrétaire général du Parti Communiste, Jeronimo de Sousa (8,59% des  voix), et le candidat du Bloc de gauche, Francisco Louça (5,31%), l'échec de la  gauche s'explique en partie par les divisions internes du Parti socialiste. "Cavaco Silva a bénéficié des hésitations du PS et de son gouvernement qui  ont, dès la première heure, contribué à son succès électoral", a fait valoir M.  de Sousa.

Au Portugal, le président de la République n'a que des pouvoirs exécutifs limités. Commandant suprême des forces armées, il nomme le Premier  ministre et peut dissoudre l'Assemblée, mais il peut surtout exercer une influence importante dans les grands débats de société.

le 23 janvier 2006 à 07:45
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8 Commentaires

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  • Bob, le 23/01/2006 à 17h06

    Lolo, c'est assez vrai ce que vous dites sur les finesses sémantiques que permet notre langue. Concernant l'extrême-droite, on entend souvent ses adeptes parler de "vraie" droite : là aussi il y aurait de quoi épiloguer...

  • Fernandes, le 23/01/2006 à 17h02

    On va voir se qu'il va faire pour notre pays. Car economiquement c'est pas terrible et socialement non plus.

  • Terry, le 23/01/2006 à 15h43

    Alexandre, Bruxelles et Lolo, Versailles: ben oui, vous n'avez jamais entendu parler des "divisions de la droite" par contraste avec les "courants d'idees de la gauche" ? On parle bien de la meme chose, en principe, mais le vocabulaire employe dans un cas ou dans l'autre laisse des impressions toutes differentes...

  • Vastre, le 23/01/2006 à 15h27

    Les élections portugaises sont une illustration anticipée de ce que pourraient être les françaises en 2007. Dans un sens comme dans l'autre : vu le nombre de candidats potentiels qui se confirmeront eux-meme, à gauche comme à droite, on va trouver Monsieur le Pen au deuxième tour face à une des sept candidats de droite ou à un des huit candidats de gauche. L'histoire parviendra encore à bégayer !

  • Lolo, le 23/01/2006 à 14h51

    Tout à fait d'accord avec Alexandre de Bruxelles. Il existe un nombre étonnant de qualificatifs différents suivant que l'on parle de droite et de gauche pour décrire des situations pourtant parfaitement symétriques. On peut par exemple ajouter la notion de "gauche de la gauche" quand on parle d'extreme gauche, cette expression indiquant que l'extrême gauche n'est pas extrême, juste plus à gauche. Quand on ajoute qu'être de gauche, c'est synonyme d'être gentil, on peut quasiment en déduire que la gauche de la gauche, ce sont les plus gentils parmi les gentils. En revanche, on parle évidemment d'extrême droite (je n'ai jamais entendu parler de droite de la droite ...). La France est un pays à tendance marxiste, j'aimerai que ça ne reste qu'une tendance ...

  • JC, le 23/01/2006 à 11h29

    Au Portugal, le président de la République ne nomme pas le Premier ministre, il est elu par le peuple.

  • Feawing, le 23/01/2006 à 10h15

    Il faudrait savoir comment est faite la constitution portugaise: dans la plupart des pays, le président a des pouvoir limités, voire très limités (contrairement à chez nous: la Veme république est une présidence forte) A voir la réaction sur l'idée qu'il veuille devenir une deuxième premier ministre, je suppose que justement c'est le premier ministre qui est chef de l'executif... non?

  • Alexandre, le 23/01/2006 à 09h57

    Il semble exister un véritable réflexe médiatique pour dire d'un pays après des élections qu'il "vire à droite" ou qu'il "bascule à gauche". Comme si le seul choix de la gauche était démocratique (le poids fait bascule) alors que celui de la droite était une question de changement de cap autoritaire (c'est la main du capitaine qui fait "virer"). Très bonne nouvelle en tout cas que cette première alternance au sommet de l'Etat portugais.

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