© afpLe Hamas refuse de déposer les armes et se dit prêt à former une armée pour défendre le peuple palestinien. Le mouvement islamiste, grand vainqueur des élections législatives palestiniennes de mercredi, a rejeté samedi les menaces de la communauté internationale qui envisage de suspendre son aide financière à l'Autorité palestinienne si son mouvement, voué à la destruction de l'Etat d'Israël, refuse de déposer les armes.
"Cette aide ne peut être une épée sur la tête du peuple palestinien et ne fera l'objet d'aucun chantage contre lui, le Hamas ou la résistance", a déclaré Ismaïl Haniyeh, tête de liste du Hamas aux législatives de mercredi, dans un entretien accordé à Reuters. "Le Hamas "doit se défaire de ce bras de leur parti, qui est armé et violent, et, deuxièmement, ils doivent se défaire de cette partie de leur programme qui dit qu'ils veulent détruire Israël (...) notre allié et notre ami", avait déclaré vendredi le président américain George Bush.
Vives tensions entre Palestiniens
"Nous avons l'intention de former une armée comme n'importe quel pays (...), une armée pour défendre le peuple palestinien contre toute agression", a déclaré de son côté Khaled Méchaal, le chef du Hamas en exil à Damas. Et d'affirmer que son mouvement allait "réussir dans la politique et les réformes, comme il a réussi dans la résistance" contre l'occupation israélienne. "Nous avons été choisis par notre peuple et nous assumerons notre responsabilité", a-t-il assuré.
Les tensions sont tout aussi vives au sein même du territoire palestinien. La bande de Gaza et Naplouse, la grande ville du nord de la Cisjordanie, sont le théâtre de manifestations du Fatah après sa cuisante défaite électorale face au Hamas. Les invectives sont tout autant dirigées contre certains leaders actuels du Fatah que contre le Hamas. A Naplouse, 3000 activistes accompagnés de 80 hommes armés des Brigades des martyrs d'Al-Aqsa ont défilé, pour exiger la démission des membres du Comité central de leur mouvement et exprimer leur refus de voir le Fatah se rallier à un gouvernement dirigé par le Hamas.
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| Samedi, à Ramallah - LCI |
A Ramallah, une quarantaine d'activistes des Brigades ont pénétré dans l'enceinte du Conseil Législatif palestinien, et ont tiré en l'air à partir du toit du parlement. "Nous sommes venus uniquement pour hisser le drapeau palestinien qui est le drapeau le plus sacré pour les arabes et les musulmans dans le monde", a rassuré l'un d'eux. "Nous ferons de notre mieux pour changer nos mauvais dirigeants par des bons (...) Nous protégerons Abou Mazen (Mahmoud Abbas), car il est du Fatah", a-t-il ajouté. Selon lui, le Fatah "va apprendre au Hamas comment un parti d'opposition doit se comporter".
En revanche, la défaite du Fatah semble avoir scellé le sort de la trêve avec Israël. Samedi, une faction des Brigades des martyrs d'Al Aqsa a annoncé qu'elle n'observerait plus cette trêve. On ignore le nombre de branches des Brigades ayant déjà adopté cette position et celles restant fidèles aux engagements pris par Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne et chef de file du Fatah, il y a près d'un an avec le Premier ministre israélien Ariel Sharon.
Israël interdira aux élus du Hamas de se rendre de Gaza en Cisjordanie |
Prises par surprises par les résultats des législatives palestiniennes, les autorités israéliennes ont annoncé qu'elles ne permettraient pas aux députés du Hamas de circuler librement entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. "Il n'y a aucune raison qu'Israël délivre des laissez-passer pour les VIP (personnalités importantes) palestiniens appartenant à une organisation appelant à la destruction d'Israël", a affirmé à la radio publique Amos Gilad, conseiller du ministre de la Défense, Shaoul Mofaz. |
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