
Le processus de paix semble à nouveau mis à mal en Côte d'Ivoire. Le Front populaire ivoirien (FPI), le parti du président Laurent Gbagbo, a annoncé dans un communiqué son retrait du processus de paix et la fin de sa participation au gouvernement du Premier ministre Charles Konan Banny. Le parti présidentiel a par ailleurs "exigé le départ du pays de toutes les forces onusiennes et Licorne, forces d'occupation, d'exploitation et d'asservissement de la Côte d'Ivoire".
Parallèlement, plusieurs centaines de partisans du président Laurent Gbagbo ont tenté mardi, à deux reprises, de pénétrer à l'intérieur du siège de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) à Abidjan, provoquant en réaction des tirs de sommation en l'air des Casques bleus, a-t-on appris de source militaire onusienne. Des manifestants favorables à Laurent Gbagbo ont également envahi mardi un camp de l'Onuci à Daloa, localité de l'ouest du pays.
"Violences orchestrées"
De son côté le Conseil de sécurité des Nations unies a tenu mardi soir des consultations impromptues sur une situation jugée "très préoccupante", par Jean-Marie Guéhenno. Pour le chef des opérations de maintien de la paix de l'Onu, il ne fait pas de doute que les violences des dernières 48 heures ont été "orchestrées". Le Conseil se réunit de nouveau mercredi au niveau des experts. Pierre Schori, représentant spécial en Côte d'Ivoire du secrétaire général, Kofi Annan, a demandé mardi au président Laurent Gbagbo de faire cesser ces violences.
Lundi déjà, un millier de ces manifestants s'était retrouvé déjà devant le siège de l'Onuci, qui compte 7000 Casques bleus dans le pays, appuyés par 4000 militaires français. Ces soldats sont notamment chargés de surveiller le cessez-le-feu entre les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci, loyalistes) et la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle, depuis son coup d'Etat raté en septembre 2002, le nord du pays. Les manifestations ont commencé en Côte d'Ivoire lundi pour protester contre la décision du Groupe de travail international (GTI), chargé de suivre le processus de paix en Côte d'Ivoire, de ne pas prolonger le mandat des députés, arrivé à expiration.
Photo d'ouverture : la manifestation d'Abidjan - DR
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