
Au troisième jour des mouvements de protestation qui paralysent Abidjan depuis lundi, entre 2.000 à 3.000 manifestants favorables au président Laurent Gbagbo ont tenté à nouveau mercredi après-midi de pénétrer dans le siège de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) à Abidjan. Ils ont été repoussés par des tirs de grenades lacrymogènes et de sommation.
Cette tentative d'intrusion a provoqué, comme la veille, des tirs de sommations à balles réelles d'une unité anti-émeute de soldats français, spécialisée dans le contrôle des foules et venue en renfort mercredi auprès des Casques bleus jordaniens. Les manifestants se sont montrés plus agressifs que mardi, détruisant les barbelés de fer entourant l'Onuci.
"Libérer son pays"
"J'ai passé la nuit ici, et je resterai jusqu'à la chute du mur", dit un jeune galvanisé par la nouvelle de la mort de manifestants à l'ouest du pays. "Nous voulons le départ immédiat des Casques bleus", renchérit une jeune fille venue manifester pour "libérer son pays". En début de soirée, les affrontements se poursuivaient mais avec moins d'intensité, sous l'oeil indifférent d'une trentaine de policiers ivoiriens, installés dans leurs camions.
Au moins quatre personnes ont été tuées mercredi dans des affrontements entre partisans de Laurent Gbagbo et des Casques bleus bangladais, qui ont évacué sous escorte de l'armée ivoirienne, deux localités de l'ouest du pays.
Ces affrontements meurtriers se sont déroulés, au lendemain du retrait du processus de paix du parti présidentiel, qui demande le départ des forces internationales (7.000 Casques bleus et 4.000 militaires français). Ces soldats sont notamment chargés de surveiller le cessez-le-feu entre les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci, loyalistes) et la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle, depuis son coup d'Etat raté contre M. Gbagbo en septembre 2002, le nord du pays.
Une "atteinte à la souveraineté" ivoirienne
Les manifestants protestent contre la décision du Groupe de travail international (GTI), chargé de suivre le processus de paix en Côte d'ivoire, de ne pas prolonger le mandat des députés, arrivé à expiration, estimant que cette décision est une "atteinte à la souveraineté" ivoirienne.
Le président nigérian, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union Africaine (UA), est arrivé mercredi soir à Abidjan où il a immédiatement eu des entretiens sur la crise ivoirienne avec son homologue ivoirien Laurent Gbagbo en présence du Premier ministre Charles Konan Banny.
Le Conseil de sécurité de l'Onu prépare une réponse ferme aux événements de Côte d'Ivoire qui pourrait contenir des sanctions contre certaines personnalités ivoiriennes, a annoncé mercredi son président, l'ambassadeur de Tanzanie à l'Onu, Augustine Mahiga. Un projet de déclaration a été mis en circulation parmi les quinze Etats membres du Conseil et il devrait être adopté jeudi, a-t-il précisé. Ce texte devrait ouvrir la voie à l'adoption ultérieure d'une résolution, a-t-il dit. Dans ce texte, le Conseil devrait condamner les récentes violences en Côte d'Ivoire et exprimer son soutien au Premier ministre Charles Konan Banny, ainsi qu'au Groupe de travail international (GTI), a indiqué à l'AFP une source diplomatique.
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