Tensions très vives en Côte d'Ivoire

le 18 janvier 2006 à 20h43 , mis à jour le 18 janvier 2006 à 22h01

Des manifestants favorables au président Gbagbo ont tenté à nouveau mercredi en fin d'après-midi de pénétrer dans le siège de l'Opération des Nations unies à Abidjan. Dans l'ouest du pays, au moins quatre civils ont été tués dans des affrontements entre partisans du chef d'Etat ivoirien et Casques bleus.

Côte d'Ivoire Abidjan

Au troisième jour des mouvements de protestation qui paralysent Abidjan depuis lundi, entre 2.000 à 3.000 manifestants favorables au président Laurent Gbagbo ont tenté à nouveau mercredi après-midi de pénétrer dans le siège de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) à Abidjan. Ils ont été repoussés par des tirs de grenades lacrymogènes et de sommation.

Cette tentative d'intrusion a provoqué, comme la veille, des tirs de sommations à balles réelles d'une unité anti-émeute de soldats français, spécialisée dans le contrôle des foules et venue en renfort mercredi auprès des Casques bleus jordaniens. Les manifestants se sont montrés plus agressifs que mardi, détruisant les barbelés de fer entourant l'Onuci.

"Libérer son pays"

"J'ai passé la nuit ici, et je resterai jusqu'à la chute du mur", dit un jeune galvanisé par la nouvelle de la mort de manifestants à l'ouest du pays. "Nous voulons le départ immédiat des Casques bleus", renchérit une jeune fille venue manifester pour "libérer son pays". En début de soirée, les affrontements se poursuivaient mais avec moins d'intensité, sous l'oeil indifférent d'une trentaine de policiers ivoiriens, installés dans leurs camions.

Au moins quatre personnes ont été tuées mercredi dans des affrontements entre partisans de Laurent Gbagbo et des Casques bleus bangladais, qui ont évacué sous escorte de l'armée ivoirienne, deux localités de l'ouest du pays.

Ces affrontements meurtriers se sont déroulés, au lendemain du retrait du processus de paix du parti présidentiel, qui demande le départ des forces internationales (7.000 Casques bleus et 4.000 militaires français). Ces soldats sont notamment chargés de surveiller le cessez-le-feu entre les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci, loyalistes) et la rébellion des Forces nouvelles (FN) qui contrôle, depuis son coup d'Etat raté contre M. Gbagbo en septembre 2002, le nord du pays.

Une "atteinte à la souveraineté" ivoirienne

Les manifestants protestent contre la décision du Groupe de travail international (GTI), chargé de suivre le processus de paix en Côte d'ivoire, de ne pas prolonger le mandat des députés, arrivé à expiration, estimant que cette décision est une "atteinte à la souveraineté" ivoirienne.

Le président nigérian, Olusegun Obasanjo, président en exercice de l'Union Africaine (UA), est arrivé mercredi soir à Abidjan où il a immédiatement eu des entretiens sur la crise ivoirienne avec son homologue ivoirien Laurent Gbagbo en présence du Premier ministre Charles Konan Banny.

Le Conseil de sécurité de l'Onu prépare une réponse ferme aux événements de Côte d'Ivoire qui pourrait contenir des sanctions contre certaines personnalités ivoiriennes, a annoncé mercredi son président, l'ambassadeur de Tanzanie à l'Onu, Augustine Mahiga. Un projet de déclaration a été mis en circulation parmi les quinze Etats membres du Conseil et il devrait être adopté jeudi, a-t-il précisé. Ce texte devrait ouvrir la voie à l'adoption ultérieure d'une résolution, a-t-il dit. Dans ce texte, le Conseil devrait condamner les récentes violences en Côte d'Ivoire et exprimer son soutien au Premier ministre Charles Konan Banny, ainsi qu'au Groupe de travail international (GTI), a indiqué à l'AFP une source diplomatique.

le 18 janvier 2006 à 20:43
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7 Commentaires

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  • Rabedason, le 19/01/2006 à 10h09

    On voit de plus en plus maintenant la volonté de Paris d'entretenir la Francafrique.Si paris avait eu la possibilité d'envoyer ses troupes à Madagascar en 2002,il l'aurait fait pour maintenir Ratsiraka au pouvoir et empéché à tout prix à Ravalomanana d'être le nouveau président malgache. Tenez bon Mr Gbagbo,le peuple africain est de votre côté.ras le bol de la Francafrique!!

  • COUSIN, le 19/01/2006 à 09h42

    Etant fille de rapatriés de CI et native de cote d'ivoire, mais réaction est vive par rapport aux manifestations actuelles dans ce pays. Dommage d'en arriver là dans un pays si prospère et "exemplaire" à une époque! mais ne vivons par dans le passé et réagissons dans le présent. Il ne faut pas se voiler la face : la personne actuellement au pouvoir est un torsionnaire dangeureux, et au nom du pouvoir avec une poignée de personnes haineuses et sous son emprise ainsi que sous celle de "madame la présidente", ils terrorisent le reste de la population invorienne qui ne demande que la PAIX et retour à une vie NORMALE dans un si bon pays. Dommage que les instances internationales ne peuvent rien faire ou ne veulent rien faire d'efficace. Nous allons dans ce pays faire un nouveau RAOUANDA si cela se poursuit car cela à déjà commencer avec tous les massacres passés sous silence ! Les tensions actuelles ne cesseront tant que le nouveau gouvernement transitoire ne pourra agir librement. ATTENTION

  • Vastre, le 19/01/2006 à 07h22

    Monsieur Gbagbo est prêt à sacrifier des milliers de personne pour sauver son pouvoir et sa fortune. La Côte d'Ivoire file inexorablement vers un bain de sang. Nous serions bien inspirés de retirer nos troupes et nos ressortissants. Nous allons devenir, volens nolens, complices d'une catastrophe. Sera-ce la dernière gaffe du Président Chirac ?

  • Vastre, le 18/01/2006 à 23h01

    La Côte d'Ivoire est fichue, celà fait des années qu'on le sait. Que fichons nous dans cette galère ? Laissons l'ONU s'en mêler seule. Nous n'avons rien à y gagner et tout à y perdre. Chirac est-il fou ? Pourquoi défendre un pourri comme Gbagbo ? Serait-il compromis lui aussi ?

  • Momo, le 18/01/2006 à 21h25

    Je pense qu ele depart des casques bleu serait tres mauvais pour lafrique de l ouest

  • PIERRE MARIE VALLEZ, le 18/01/2006 à 21h17

    Que faisons nous encore dans cette galère, nous n'avons plus les moyens de faire les gendarmes du monde, il serait plus que temps de s'en rendre compte - d'ailleurs que nous rapporte tout celà..

  • BASMA, le 18/01/2006 à 21h17

    Bienvenue dans le monde de Gbagbo. La France n'aurait jamais du sauver son régime. Aujourd'hui j'aimerais bien savoir quelle excuse Gbagbo aura pour justifier sa mauvaise volonté.

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