© INTERNE"Au bout du compte, je suis celui qui a appuyé sur la détente", a déclaré M. Cheney à la chaîne de télévision Fox News avec des accents de contrition. "On peut toujours discuter de toutes les circonstances alentour à ce moment-là; la réalité est là. Ce n'est pas la faute de Harry, on ne peut blâmer personne, je suis celui qui a appuyé sur la détente et qui a tiré sur son ami", a dit, sur le ton de la confession, l'un des personnages les plus puissants et les plus controversés de l'administration Bush.
"Le voir s'effondrer est une image que je n'arriverai jamais à effacer de mon esprit. J'ai tiré et Harry s'effondre et c'était... je dois dire, un des pires jours de ma vie à cet instant", a relaté M. Cheney, connu pour être peu enclin à exprimer ses émotions. M. Cheney a malencontreusement déchargé son arme sur Harry Whittington, avocat millionnaire et fidèle républicain, lors d'un partie de chasse à la caille dans un ranch privé du Texas (sud) samedi. La victime, âgée de 78 ans, a été criblée de petits plombs. Hospitalisée aux soins intensifs, elle a subi mardi un accident cardiaque mineur. Mais ses jours ne sont pas en danger. L'avocat d'Austin va "très bien", a déclaré Peter Banko, le porte-parole de l'hôpital de la ville de Corpus Christi. Dans la journée de jeudi, les médecins ont ajouté qu'il était d'ores et déjà capable de marcher.
En Une de tous les journaux
Le tir malheureux de M. Cheney fait la une des journaux depuis lundi. Il a attiré une vague de critiques et de sarcasmes à l'encontre d'une administration déjà aux prises avec les controverses. La thèse de l'accident n'a jamais vraiment fait de doute, même si elle reposait jusqu'alors sur le seul témoignage de la propriétaire du ranch, Katharine Armstrong.M. Cheney lui-même ne s'est pas retranché derrière une imprudence qu'aurait commise M. Whittington selon Mme Armstrong.
Mais, dans un pays prompt à réclamer des confessions publiques, M. Cheney n'avait pas jugé bon de donner sa version des faits jusqu'à mercredi, ni d'expliquer pourquoi la nouvelle n'avait été publiée que dimanche. Le vice-président est réputé pour ne pas faire grand cas de la presse. Mais celle-ci n'a pas lâché prise. Et le silence de M. Cheney, dont a commencé à s'emparer l'opposition démocrate, confortait ceux qui accusent la Maison Blanche de mener une politique du secret.
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