© afpLe conseil des gouverneurs de l'AIEA, réuni en urgence, examine ce jeudi une résolution occidentale pour traduire l'Iran - qui menace à son tour - devant le Conseil de sécurité de l'Onu, en raison d'activités nucléaires peut-être à but militaire. Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Chine et Russie) ont élaboré mercredi avec l'Allemagne, un texte demandant à l'exécutif de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de saisir la plus haute instance des Nations unies. Les six pays en avaient convenu mardi à Londres. Le projet, rédigé par l'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, mentionne pour la première fois "d'éventuelles activités qui pourraient avoir une dimension nucléaire militaire". Un rapport des inspecteurs de l'AIEA a indiqué mardi soir que l'Iran dispose de documents sur un processus "lié à la fabrication de composants d'armes nucléaires".
Les auteurs de la résolution demandent au chef de l'AIEA Mohamed ElBaradei d'expliquer quelles mesures doit prendre l'Iran pour que "l'on puisse établir la confiance dans le caractère uniquement pacifique" de ses programmes. Ils exigent aussi que l'Iran en revienne à la suspension prolongée des activités liées à l'enrichissement de l'uranium, lequel peut ensuite servir à produire de l'énergie mais aussi la bombe atomique. Téhéran a repris des recherches visant à enrichir l'uranium, le 10 janvier, en dépit des résolutions de l'AIEA. Les Occidentaux, pour surmonter les réticences des Russes et Chinois, ont indiqué qu'il n'y aurait aucune décision du Conseil de sécurité avant mars et que des sanctions ne sont pas actuellement à l'ordre du jour. Londres a durci le ton mercredi soir, conseillant à Téhéran d'arrêter les menaces et de saisir la "dernière occasion" offerte par la communauté internationale pour se conformer à ses obligations de non-prolifération.
Si le Conseil de sécurité est saisi ou informé, menacent ses dirigeants, l'Iran cessera toute "coopération volontaire", dès samedi, avec l'AIEA et reprendra ensuite l'enrichissement industriel. Son président Mahmoud Ahmadinejad, un radical, a souligné que les puissances nucléaires n'empêcheraient pas l'Iran de poursuivre son programme nucléaire. Le président américain George W. Bush et son homologue russe Vladimir Poutine ont discuté de la situation mercredi au téléphone.
Photo : centrale nucléaire de natanz en Iran (archives)
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