
Appel au Hamas, à Israël et à la communauté internationale. En inaugurant samedi le nouveau Parlement dominé par les islamistes radicaux, Mahmoud Abbas a plaidé pour une solution négociée au différend israélo-palestinien, annoncé qu'il chargerait le Hamas de former le prochain gouvernement et appelé le monde à ne pas "punir" les Palestiniens après la victoire électorale du Hamas. Un appel auquel le probable futur Premier ministre du Hamas, Ismaïl Haniyeh, vu comme un modéré, a réagi prudemment : "Le discours du président Abbas a comporté des points positifs. Nous avons des divergences sur le volet politique (...) ces divergences seront résolues par le dialogue". Même si parallèlement, un porte-parole du Hamas rejetait d'emblée toute idée de négociation avec Israël... Pour sa part, un haut responsable israélien a estimé que l'Autorité palestinienne est devenue une "entité hostile" après l'investiture du Parlement dominé par le Hamas...
Au cours de cette séance inaugurale, qui a vu l'élection d'un cadre du Hamas, Aziz Doweik, professeur d'université de Cisjordanie (et seul candidat déclaré) à la présidence du Parlement palestinien, Mahmoud Abbas a réaffirmé que "la présidence de l'Autorité palestinienne et le gouvernement resteront attachés à la négociation comme option stratégique réaliste". Selon lui, "une gestion sérieuse et sage de ces négociations nous permettra de réaliser nos aspirations nationales. "Nous devons en même temps consolider et développer la résistance populaire pacifique" contre l'occupation israélienne. Le Hamas, qui s'apprête à former le nouveau gouvernement, prône pour sa part la lutte armée pour libérer les territoires palestiniens occupés par Israël, dont il ne reconnaît pas l'existence. Mais la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, qui avait téléphoné la veille à Mahmoud Abbas, a insisté sur les chances de parvenir rapidement à la création d'un Etat palestinien si le Hamas renonçait à la violence.
Appel au désarmement des groupes armés
"Notre conflit n'a pas de solution militaire. Seules des négociations entre partenaires égaux sont susceptibles de mettre fin au cycle des violences que nous connaissons", a poursuivi Mahmoud Abbas, en dénonçant "l'approche unilatérale" d'Israël. Il a également appelé au respect des accords passés avec Israël, notamment l'accord dit d'Oslo de 1993 sur l'autonomie palestinienne et la Feuille de route, le dernier plan de paix international qui prévoit la création d'un Etat palestinien.
"C'est un grand jour dans l'histoire du peuple palestinien puisque nous inaugurons constitutionnellement notre deuxième Conseil législatif, élu par notre peuple en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem lors d'élections libres et honnêtes", a encore déclaré Mahmoud Abbas. "Les résultats des élections ont créé une nouvelle donne politique puisque le Hamas a obtenu la majorité au Conseil législatif et sera par conséquent chargé de former le nouveau gouvernement", a-t-il souligné, promettant "une pleine coopération et encouragement" au prochain gouvernement.
Il a en outre exhorté la communauté internationale et Israël, qui agitent la menace de sanctions économiques, à ne pas "punir" le peuple palestinien "pour son choix démocratique", après la victoire du Hamas. Mahmoud Abbas a enfin promis d'oeuvrer de concert avec un gouvernement Hamas pour mettre fin au "chaos des armes" et à l'anarchie sécuritaire en Cisjordanie et à Gaza. Il a souligné que les services de sécurité devaient avoir le monopole des armes, appelant implicitement les groupes armés comme le Hamas à désarmer.
Photo d'ouverture : la séance inaugurale du nouveau Parlement palestinien - DR
Retour MYTF1
Chargement en cours...




