Arrestation d'un ancien policier de la dictature argentine

le 09 février 2006 à 17h05 , mis à jour le 09 février 2006 à 17h39

Près de 30 ans plus tard, la police espagnole a arrêté à Madrid Ricardo Taddei, 63 ans, policier sous la dictature argentine et auteur présumé de 161 enlèvements et d'actes de tortures.

Policier argentin

Cet ancien officier de police réfugié en Espagne depuis octobre 1985, est sous le coup d'un mandat d'arrêt des autorités judiciaires argentines, a indiqué la direction générale de la police espagnole. Interpellé par des agents d'interpol et du Groupe de localisation des fugitifs de la police nationale espagnole, il a été placé à disposition de l'Audience nationale, principale instance pénale espagnole, qui statuera sur son placement en détention et ultérieurement sur son extradition.

"Gardien, kidnappeur, tortionnaire"

Ricardo Taddei "est accusé d'avoir participé à l'enlèvement et à la torture de 161 personnes sous la dictature militaire argentine", entre 1976 et 1979. Il était à cette époque affecté à des centres clandestins de détention de la dictature connus sous les noms de "El Banco", "Olimpo" et "Club Atletico", où il aurait travaillé à la fois comme "gardien, kidnappeur, tortionnaire et interrogateur", ajoute le communiqué de la police espagnole. La justice argentine l'accuse notamment d'avoir participé le 7 août 1979 à l'enlèvement de l'homme d'affaires argentin Osvaldo Sivak, qui avait été ensuite libéré dans des circonstances troubles moyennant rançon. Il avait quitté la police en 1979 pour rejoindre le renseignement militaire argentin avec le grade de colonel, selon les données figurant dans le mandat d'arrêt délivré à son encontre par la justice argentine.

"Crimes contre l'humanité"

Plusieurs anciens militaires argentins sont détenus en Espagne dans l'attente d'y être jugés ou extradés vers leur pays pour des crimes commis sous la dictature. Le parquet de l'Audience nationale a requis le 11 janvier 17.000 années de prison contre l'ex-capitaine de la marine argentine Ricardo Miguel Cavallo pour des délits de génocide et terrorisme sous la dictature argentine. Cavallo sera le second ancien militaire argentin à être jugé en Espagne pour des crimes commis en dehors de ce pays, après Adolfo Scilingo, condamné en avril 2005 à 640 ans de prison pour crimes contre l'Humanité. La justice espagnole se reconnaît une compétence universelle pour juger des faits de génocide ou de crimes contre l'humanité.

Photo Ricardo Taddei AFP
le 09 février 2006 à 17:05
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2 Commentaires

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  • Philippe, le 10/02/2006 à 01h35

    Comme ses consoeurs européennes, la magistrature espagnole ne craint pas le ridicule : 17.000 années de prison pour des délits commis hors de son territoire. Même Tintin et le pire des tyrants n'auraient pas imaginé cela.

  • Maxime, le 09/02/2006 à 18h01

    Mieux vaut tard que jamais comme on dit! Ca montre bien que on se fait toujours prendre!

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