© LCILa communauté internationale essaie de trouver un moyen qui permette de proclamer René Preval vainqueur de l'élection présidentielle en Haïti sans qu'un second tour soit nécessaire, afin d'éviter une "détérioration" de la situation. C'est ce qu'a annoncé mercredi un haut responsable du Brésil, pays qui dirige le contingent de casques bleus de l'ONU déployé en Haïti, en 2004, après la chute du président Jean Bertrand Aristide.
Marco Aurelio Garcia, adjoint spécial de la politique étrangère du président Luiz Inacio Lula da Silva, a indiqué que des contacts diplomatiques avaient été pris avec Port-au-Prince pour chercher "un moyen qui soit évidemment dans le respect de la légalité mais permette, d'une certaine façon, la proclamation de Preval comme président". Ce moyen pourrait consister à changer le dispositif comptant les votes blancs ou nuls, ce qui permettrait à Preval d'obtenir les 50% nécessaires à sa victoire, a expliqué Garcia à la presse. "Nous faisons cette proposition sans vouloir nous ingérer dans le processus légal d'Haïti, mais il nous semble qu'étant donné le climat existant dans le pays, ce serait la meilleure solution, a-t-il ajouté.
Preval s'estime frustré de sa victoire
Preval obtenait 48,76% des voix après le dépouillement de 90% des suffrages; le second candidat le mieux placé, Leslie Manigat, n'obtenant que 11,8%. Garcia a estimé que la différence de voix entre les candidats était "grande" et que la communauté internationale était "unanime à vouloir trouver rapidement une solution de consensus qui empêche une nouvelle explosion de violence". Preval a dénoncé le fait que l'annonce de sa victoire était retardée en raison de "fraudes massives ou d'erreurs grossières entachant le processus électoral" ce qui a entraîné depuis cinq jours des manifestations de ses partisans dans les rues.
Mardi soir, la présidence haïtienne a annoncé la création d'une commission d'enquête tripartite pour examiner les accusations de fraude. Des médias haïtiens ont montré des images de bulletins de vote trouvés par ses partisans dans une décharge proche de la capitale. L'élection du 7 février, malgré des imperfections, a été "libre", ont pourtant estimé plus de 200 observateurs internationaux déployés dans le pays. Selon des sources concordantes, quelques urnes ont été détruites ou perdues lors du scrutin.
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