Belgrade dément l'arrestation de Mladic

le 21 février 2006 à 18h18 , mis à jour le 22 février 2006 à 16h12

Le gouvernement serbe et le tribunal pénal international ont démenti mardi soir l'information selon laquelle l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie avait été arrêté. Mladic est inculpé depuis 1996 pour le siège de Sarajevo et le massacre de Srebrenica.

Ratko Mladic

La capture du général Ratko Mladic, recherché pour crimes de guerre pendant la guerre en Bosnie, semblait mardi plus proche que jamais, plusieurs sources ayant annoncé son arrestation à Belgrade, malgré un démenti officiel des autorités.

Des informations contradictoires ont circulé mardi en Bosnie et à Belgrade sur une arrestation du fugitif, alors que des sources officielles ne faisaient état que d'une opération en cours pour l'arrêter. "Selon des sources de la radio B92 l'opération (pour arrêter Mladic) a commencé ce matin (mardi) et s'est terminée à Belgrade dans l'après-midi", a indiqué la radio indépendante citant une source non-officielle.

Mais, dans une déclaration à l'AFP, un porte-parole du gouvernement serbe a rapidement démenti. "Ceci est une manipulation qui porte préjudice à la Serbie et qui ne contribue pas aux efforts du gouvernement pour conclure la coopération avec le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye", a dit Srdjan Djuric.

"Une opération est en cours"

Ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, 62 ans, a été inculpé de génocide par le TPI en 1996 pour son rôle dans le siège de Sarajevo et dans le massacre à Srebrenica (est de la Bosnie) de près de 8.000 Musulmans.

Un ancien responsable de la police secrète serbe qui a requis l'anonymat a indiqué à l'AFP que l'opération pour localiser et arrêter Mladic était toujours en cours. Mais "sans résultat jusqu'à présent", selon lui. "Une opération est en cours", avait également déclaré à l'AFP une source proche de l'enquête sans plus de précisions.

L'arrestation et l'extradition de Ratko Mladic, l'un des fugitifs les plus réclamés par le TPI de La Haye conditionne l'intégration de la Serbie à l'Europe. Les rumeurs sur son éventuelle arrestation se sont amplifiées alors que la Serbie doit reprendre prochainement des discussions avec l'Union européenne en vue d'un accord d'association et stabilisation, premier pas vers son intégration à l'Europe.

Généralement, à la veille de chaque échéance cruciale pour la Serbie, d'intenses rumeurs circulent dans le pays sur une possible arrestation et extradition de Mladic. Celles si se sont amplifiées après qu'un responsable proche du Premier ministre Vojislav Kostunica a déclaré lundi que Mladic pourrait se rendre prochainement.

Le problème Mladic "va être résolu de la même manière que l'ont été par le passé les problèmes de ceux qui ont été inculpés de crimes de guerre", a ainsi déclaré Vladeta Jankovic, cité par l'agence de presse Beta en ajoutant: "Pour autant que je sache, ce problème est en train d'être réglé".

Signes de bonne volonté

Depuis l'arrivée de M. Kostunica au pouvoir une quinzaine d'inculpés serbes de crimes de guerre se sont rendus au TPI. Soumise à de fortes pressions internationales pour améliorer sa coopération avec la justice internationale, la Serbie a multiplié dernièrement les signes de bonne volonté alors que l'Union européenne n'a pas encore confirmé la reprise de négociations, commencées en octobre en vue de son intégration à l'Europe.

Le ministre de la Défense Zoran Stankovic a indiqué récemment que plus de 50 militaires étaient soupçonnés d'avoir, à une époque ou à une autre, aidé Mladic à échapper à la justice, a déclaré jeudi le ministre de la Défense serbo-monténégrin.

Outre cette révélation, deux supposés complices de Mladic ont récemment été arrêtés, dont l'un, Sasa Badnjar, était membre de sa sécurité rapprochée. Début février Belgrade a également reconnu que Mladic, grâce à ses complicités dans l'armée, a pu "se cacher périodiquement dans des établissements de l'armée" jusqu'en 2002.

De fait, après son inculpation par le TPI en 1995, Mladic a coulé des jours tranquilles à Belgrade jusqu'à la chute en octobre 2000 de l'homme fort de l'ex-Yougoslavie, Slobodan Milosevic, actuellement jugé à La Haye.

Après la chute de Milosevic, la procureur du TPI, Carla Del Ponte avait affirmé à diverses reprises que Mladic s'était réfugié dans des institutions militaires. Mais à l'époque les autorités serbes l'avait nié avec véhémence. (AFP)

(Ratko Mladic, image d'archives/DR)

le 21 février 2006 à 18:18
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4 Commentaires

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  • Regis, le 23/02/2006 à 10h24

    Ses partisans ne le lacheront pas, et bon nombre de serbes le soutiennent toujours...rien n'a changé.... la guerre reprendra un jour ou l'autre...

  • Marie, le 22/02/2006 à 08h17

    A cette époque les 2 camps étaient en guerre. Dans toutes les guerres il y a eu des horreurs.... même lorsque les français se sont fait jetés d'Algérie il y a eu des dérives à cette époque côté français et côté algérien. Alors qu'en France maintenant plus besoin d'être en guerre pour que l'on nous maltraite .....

  • René, le 21/02/2006 à 20h35

    Encore un qui mérite de passer le reste de sa p.... de vie en prison.

  • Mohamed, le 21/02/2006 à 19h17

    C'est une technique vieille comme le monde. Ils disent qu'ils l'ont arrêté afin que les masques tombent et justement les gens qui le protégent fassent de faux pas puisqu'ils n'auront plus à être prudents... puisqu'il est "tombé". S'il n'a pas encore été arrêté, je crois que cette nouvelle va faire bouger pas mal de monde et probablement le faire tomber pour de vrai.

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