Chirac en Thaïlande pour aider les entreprises françaises

le 18 février 2006 à 17h50 , mis à jour le 18 février 2006 à 17h51

Le chef de l'Etat est en Thaïlande pour une visite d'Etat de deux jours, la première d'un président français dans ce pays. Objectif affiché : renforcer la présence des entreprises françaises, très minoritaires dans ce pays à la forte croissance.

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Jacques Chirac a entamé vendredi à Bangkok une visite d'Etat de deux jours, qualifiée d'historique par les Thaïlandais, qui vise à accroître la part de marché de la France dans un des pays les plus dynamiques d'Asie. Accueil royal, tapis rouge et pétales de roses, tous les honneurs ont été déployés par les Thaïlandais pour Jacques Chirac qui fait la première visite d'Etat d'un président français dans ce vieux royaume d'Asie du Sud-Est. Bangkok est la première étape d'une tournée qui doit ensuite le mener dimanche et lundi en Inde, pour sa seconde visite d'Etat depuis 1998.

L'Airbus spécial de Jacques Chirac, en provenance de Paris, s'est posé vendredi vers 15H locales sur une base militaire proche de l'aéroport international de Bangkok. Le chef de l'Etat, accompagné de son épouse Bernadette, se trouve à la tête d'une imposante délégation comprenant cinq ministres (Affaires étrangères, Défense, Economie, Commerce extérieur, Tourisme) et une trentaine de grands patrons français. Il a été accueilli par le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej, la reine Sirikit et une de leurs filles, la princesse Maha Chakri Sirindhorn. Le président français, le roi Bhumibol et leurs épouses ont ensuite gagné la capitale pour une cérémonie de présentation des clés de la ville. Des drapeaux aux couleurs françaises et thaïlandaises, ainsi que des portraits géants de Jacques Chirac et du roi, ornaient la route entre l'aéroport et le centre de Bangkok.

Rattraper le retard de la France en Asie

Le président français et le roi Bhumibol, 78 ans, doyen mondial des monarques de la planète, ont ensuite eu un entretien au palais royal suivi par un dîner d'Etat. A cette occasion, Jacques Chirac a annoncé que la France allait ratifier le Traité d'amitié et de coopération de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) prévoyant le règlement pacifique des conflits dans la région afin "d'encourager un dialogue toujours plus étroit entre l'Asean et l'Union européenne".

Après cette première journée essentiellement protocolaire, Jacques Chirac et Thaksin Shinawatra doivent avoir samedi un entretien suivi d'une conférence économique, réunissant des chefs d'entreprises des deux pays. Au moment où la croissance dans la zone euro est toujours anémique, la France tente de rattraper son retard en Asie où sa part de marché est encore jugée très insuffisante en dépit de liens politiques et culturels souvent étroits avec des pays de la région. Avant son départ de Paris, le chef de l'Etat avait déclaré qu'il voulait "renforcer la présence des entreprises françaises dans le Royaume", un pays démocratique de 63 millions d'habitants tiré par une croissance d'environ 5% par an. Même avec des exportations en hausse en 2005, la France n'est que le 15e fournisseur de la Thaïlande, avec une part de marché de 1,45%.

"Méga-projets" : Chirac appelle Bangkok à choisir la France 

Le président Jacques Chirac a plaidé avec vigueur samedi à Bangkok la cause des entreprises françaises pour qu'elles décrochent une part des énormes contrats offerts par la Thaïlande pour le développement de ses infrastructures dans l'énergie, les transports et les services. "Imprimer un nouvel élan à nos relations économiques et commerciales (...) c'est tout le sens de cette première visite d'Etat d'un président de la République française dans les quelque trois siècles d'histoire des relations franco-thaïlandaises", a dit M. Chirac à l'ouverture d'un "sommet économique", au second jour de sa visite à Bangkok. Cette réunion, co-présidée par le Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra, était organisée notamment par la Chambre de commerce franco-thaïlandaise. Elle réunissait des chefs d'entreprise des deux pays, dont une trentaine de grands patrons français, tels ceux d'Alstom, Suez et Carrefour. Le gouvernement thaïlandais a engagé un ambitieux programme de modernisation de ses infrastructures d'un montant de 37 milliards d'euros et un appel d'offres lancé le 26 janvier dernier par M. Thaksin a suscité une vive compétition internationale. "J'ai dit au Premier ministre notre souhait de voir les entrepreneurs français s'affirmer parmi les partenaires privilégiés des autorités thaïlandaises", a dit M. Chirac qui a mis en avant "le talent, la créativité, les savoir-faire de nos entreprises". 

(photo : Jacques Chirac à Bangkok - DR)

le 18 février 2006 à 17:50
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