
Jacques Chirac s'est fait samedi l'avocat des entreprises françaises en Thaïlande, dont la France veut faire un partenaire privilégié pour renforcer sa présence économique dans une Asie du Sud-Est en pleine expansion. Selon Bangkok, la France et la Thaïlande ont décidé "d'intensifier leurs efforts" pour porter leurs échanges commerciaux de 2,8 milliards à 4,2 milliards d'euros par an. Jacques Chirac effectuait une visite d'Etat de deux jours en Thaïlande, la première d'un président français, avant de se rendre dimanche et lundi en Inde, avec la volonté de doper les échanges avec ces pays qui tirent la croissance mondiale.
"Imprimer un nouvel élan à nos relations économiques et commerciales (...) c'est tout le sens de cette première visite d'Etat d'un président de la République française dans les quelque trois siècles d'histoire des relations franco-thaïlandaises", a dit samedi Jacques Chirac lors d'un "sommet économique", au second jour de sa visite à Bangkok. L'objectif prioritaire de la France est de décrocher une part des énormes contrats offerts par la Thaïlande, dont la croissance tourne autour des 5% par an, pour le développement de ses infrastructures. Le gouvernement thaïlandais a engagé un ambitieux programme de modernisation de ses infrastructures, d'un montant de 37 milliards d'euros, et un appel d'offres lancé le 26 janvier suscite une vive compétition internationale.
Les attentes des grands groupes français
"J'ai dit au Premier ministre notre souhait de voir les entrepreneurs français s'affirmer parmi les partenaires privilégiés des autorités thaïlandaises", a dit Jacques Chirac qui a mis en avant "le talent, la créativité, les savoir-faire de nos entreprises". La Thaïlande "a vocation à être un partenaire majeur pour la France" alors que celle-ci "a tous les atouts pour être le partenaire stratégique de la Thaïlande en Europe", a assuré le chef de l'Etat français lors de cette conférence coprésidée par le Premier ministre Thaksin Shinawatra. Plusieurs dizaines d'hommes d'affaires des deux pays y ont assisté, dont une trentaine de grands patrons français accompagnant Jacques Chirac dans sa tournée asiatique. Alors que la compétition avec l'Allemagne ou le Japon notamment est exacerbée, ces patrons espèrent bénéficier des relations au beau fixe entre la France et la Thaïlande.
Le président français avait été reçu vendredi avec tous les honneurs par le roi Bhumibol Adulyadej, 78 ans, doyen des têtes couronnées dans le monde, et il a eu samedi une série d'entretiens politiques avec les dirigeants thaïlandais. Pour Gérard Mestrallet, PDG de Suez, qui projette de construire des centrales électriques, "la visite du chef de l'Etat est très importante parce qu'elle accélère les discussions". Le PDG d'Alstom, Patrick Kron, a lui aussi estimé que "de bonnes relations bilatérales favorisent les échanges commerciaux". Alstom, qui a remporté des contrats pour le métro de Shanghaï, espère vendre du matériel roulant pour les nouvelles lignes du métro de Bangkok. Le président Chirac a ainsi vanté "l'expertise" des entreprises françaises dans le nucléaire, les transports, la gestion de l'eau ou les services. Il a souhaité que, dans les prochains mois, 400 nouvelles entreprises françaises investissent en Thaïlande, doublant ainsi leur nombre, alors que la France est le troisième investisseur européen avec une part de marché de 1,45%.
(photo : Jacques Chirac à Bangkok - DR)
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