Chirac, VRP de la France en Inde

le 19 février 2006 à 07h26 , mis à jour le 19 février 2006 à 21h51

Le président français est arrivé dimanche à New Delhi pour une visite de deux jours à dominante économique. Cette visite d'Etat, la deuxième de Jacques Chirac depuis 1998, vise à faire de la France un "partenaire de référence" de l'Inde.

Jacques Chirac Inde

Le président français Jacques Chirac s'est montré confiant dimanche, au premier jour de sa visite d'Etat en Inde, dans les chances de la France de prendre une plus grande part du très convoité marché indien, notamment dans le nucléaire civil. Il a entamé dimanche en début d'après-midi à New Delhi une visite de deux jours, deuxième étape d'une tournée qui l'a mené vendredi et samedi en Thaïlande.

Cette visite d'Etat, la deuxième de M. Chirac depuis 1998, vise à faire de la France un "partenaire de référence" de l'Inde, un marché en pleine expansion qui suscite une vive compétition entre entreprises européennes, asiatiques et américaines. Après avoir levé l'obstacle du Clemenceau mais sur fond d'affaire Mittal, le président français espère donner "un nouvel élan" à la présence économique française dans ce pays de 1,1 milliard d'habitants, tiré par une croissance de 8% par an.

"C'est en réalité l'intérêt de tout le monde"

Jacques Chirac a ordonné le 15 février, sous la pression d'organisations écologistes, le retour vers la France de l'ancien porte-avions, dont la fin du désamiantage et le démantèlement devaient avoir lieu sur le chantier indien d'Alang. L'offre publique d'achat du numéro un mondial de l'acier Mittal Steel, dirigé par l'homme d'affaires d'origine indienne Lakshmi Mittal, sur l'européen Arcelor a suscité des réactions négatives en Europe.

Dès son arrivée, M. Chirac a vanté les atouts de la France dans le nucléaire civil face aux Etats-Unis, soulignant que "la solution française est sans aucun risque" en matière de ventes de centrales, alors que "la solution américaine est soumise aux aléas permanents que représente le Congrès" américain. L'Inde, selon la présidente du groupe nucléaire Areva, Anne Lauvergeon, veut se doter de 25 à 30 centrales nucléaires pour faire face à ses énormes besoins énergétiques.

Ce vaste marché est toutefois conditionné à un accord international avec le Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG). Toute coopération nucléaire avec l'Inde est pour le moment interdite car, puissance nucléaire déclarée depuis 1998, elle n'a pas ratifié le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP). Jacques Chirac a ainsi réitéré qu'il souhaitait "une évolution des règles internationales en matière de transferts de technologies nucléaires".

Dans la foulée d'un accord signé en juillet 2005 avec le président américain George W. Bush, l'Inde et la France doivent signer lundi une déclaration commune ouvrant la voie à un accord international. Le président Chirac s'est dit, devant les patrons français, "optimiste" sur la possibilité d'un accord, car, a-t-il assuré, "c'est en réalité l'intérêt de tout le monde". Le président américain, qui a défendu vendredi la coopération nucléaire civile avec l'Inde, est attendu début mars à Delhi alors que les Indiens rencontrent des difficultés avec les Américains dans leurs négociations sur ce dossier.

Une bonne nouvelle a aussi accueilli M. Chirac: la compagnie aérienne indienne Kingfisher Airlines a signé la commande ferme de 15 nouveaux avions régionaux ATR 72-500, pour un prix catalogue de 270 millions de dollars, assortie d'une option sur 20 avions supplémentaires. Cette commande ferme de 15 ATR 72-500 s'ajoute à celle de 20 appareils du même type commandés en novembre par la compagnie indienne lors du salon de Dubaï.

"Plus solidaires"

Un autre gros contrat pourrait être finalisé lundi, celui de l'achat de 43 Airbus de la famille des A-320 par la compagnie aérienne indienne Indian Airlines. Le président exécutif du groupe EADS Noël Forgeard a assuré que cela était "fait à 97%". "Les 3% qui restent, on espère qu'ils seront levés d'ici demain" lundi, a-t-il ajouté.

Au-delà de ces gros contrats, M. Chirac a reconnu que "la situation commerciale (avec l'Inde) n'est pas satisfaisante". 15e fournisseur et 11e client de l'Inde, la France détient 2,3% du marché indien, loin derrière les Etats-Unis, l'Allemagne et la Grande-Bretagne et juste devant la Corée du sud.

Le président français a ainsi sermonné les patrons en les appelant à se montrer "plus solidaires" pour conquérir ces marchés, en particulier en aidant les petites et moyennes entreprises, à l'image de ce que font les Allemands.

Lundi, M. Chirac aura des entretiens politiques avec le Premier ministre Manmohan Singh. Les deux dirigeants assisteront à la signature de plusieurs accords et contrats avant de présider une conférence économique franco-indienne. (AFP)

(L'arrivée de Jacques Chirac dimanche/DR)

le 19 février 2006 à 07:26
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1 Commentaires

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  • Pierre marie vallez, le 19/02/2006 à 08h22

    Paroles, paroles et paroles, toujours des paroles - comme nous chantait dalida

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