Le Clemenceau attendra

le 13 février 2006 à 09h27 , mis à jour le 13 février 2006 à 21h56

La Cour suprême indienne a demandé lundi une nouvelle expertise avant d'autoriser ou non la fin du désamiantage et du démantèlement du porte-avions en Inde. En attendant la réponse, prévue vendredi, le bâtiment ne peut pénétrer dans ses eaux territoriales.

depart clemenceau toulon

La saga du Clemeneau continue. Et nouveau contre-temps. Avant d'autoriser ou non son désamiantage et son démantèlement sur son territoire, la Cour suprême indienne, qui a examiné le dossier ce lundi , a en effet demandé à des experts de la marine de déterminer la nature exacte des matériaux composant le porte-avions.

En attendant leur réponse, souhaitée d'ici vendredi pour la prochaine session de la Cour, le Clemenceau n'a pas reçu l'autorisation de pénétrer dans les eaux territoriales de l'Inde. "Nous voulons savoir désormais quelles étaient les caractéristiques techniques du navire  en 1961 lors que le Clemenceau est entré en service" a expliqué le juge S.H. Kapadia.

Les magistrats doivent déterminer si la fin du désamiantage et le démantèlement du Clemenceau au chantier Shree Ram Scrap Vessel d'Alang, dans l'Etat du Gujarat, sont conformes à la Convention de Bâle sur les déchets dangereux et aux lois indiennes sur l'environnement.

Combien d'amiante ?

Le débat porte notamment sur la quantité d'amiante à bord du porte-avions désarmé. Paris affirme qu'il reste 46 tonnes de matériaux amiantés, situés dans les parties inaccessibles sans toucher à la navigabilité du bâtiment. La France a indiqué être prête à rapatrier l'amiante extraite du navire si New Delhi le souhaite. Mais selon deux nouvelles évaluations d'experts citées par Greenpeace, il resterait entre 500 et 1000 tonnes de matériaux amiantés. Selon l'organisation écologiste, le démantèlement du navire sur un chantier qu'elle juge vétuste et mal équipé menacerait l'environnement et la santé des ouvriers.

Une disparition embarrassante

"Le dossier est solide, il n'y a pas de plan B", a déclaré l'ambassadeur de France à New Delhi. Pourtant, la veille de cette importante décision, le Journal du Dimanche a publié les extraits d'une note récente du chef d'état-major de la marine nationale, l'amiral Alain Oudot de Dainville, à Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, dans laquelle il mentionne que le poids total des déchets convoyés au centre d'enfouissement de Bellegarde (Gard) est de 85 tonnes et non de 115 tonnes, comme l'ont toujours indiqué les autorités françaises.

"Deux hypothèses sont possibles, a indiqué le porte-parole de la Défense. "Soit tous les documents attestant de l'arrivée de ces matières n'ont pas été fournis et donc il y un manque de documents administratifs, soit entre les 115 tonnes qui ont parties de Toulon et les 85 tonnes qui sont arrivées à Bellegarde, il y a eu des produits contenant de l'amiante qui ont été détournés. " Une question " embarrassante ", reconnaît-il.

Les ONG dénoncent les pressions politiques sur l'Inde

Les ONG opposées au désamiantage du porte-avions ont dénoncé lundi les "pressions énormes" qui pèsent selon elles sur la Cour suprême indienne qui a demandé une nouvelle expertise du bâtiment. "C'est inquiétant: ce dossier est géré de façon plus politique que juridique ou que sur le plan de la santé" a estimé Michel Parigot, président du Comité anti-amiante de Jussieu. Il a dénoncé les "pressions énormes du gouvernement français qui place l'Inde devant un dilemme inacceptable: accepter toutes les démolitions ou ne plus avoir de chantiers". L'association Ban Asbestos, qui a témoigné devant la Cour suprême à New Delhi, s'inquiète par ailleurs de la qualité des experts désignés par cette instance et qui devront rendre un avis d'ici à vendredi. "Cette question est primordiale: en France, en 1996, nous avions d nous adresser à des experts allemands qui ont formé des experts français. L'Inde n'a pas de législation sur l'amiante, elle n'a pas cette expertise", a expliqué Henri Pézenat, porte-parole de Ban Asbestos. Greenpeace redoute que le dossier "se règle entre les ministères de la Défense indien et français", a indiqué son représentant Gregory Gendre, qui se trouvait lundi à New Delhi. L'ONG, qui qualifie "ce dossier de véritable mascarade", s'insurge par ailleurs contre la décision de la Cour indienne, qui a demandé aux organisations de défense de l'environnement de cesser de manifester publiquement contre l'entrée du Clemenceau en Inde. (D'après AFP)

le 13 février 2006 à 09:27
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

10 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Jean, le 13/02/2006 à 13h15

    Très mal géré par Mme Alliot Marie...dommage un second tour Royale Mam aurait été intéressant...

  • Steph, le 13/02/2006 à 12h39

    Toute à fait d'accord, l'Inde n'est pas la poubelle de la France mais recemment il y eu un reportage sur TF1 montrant (en caméra cachée) que l'Inde a encore des ouvriers qui désamiantent à longueur de journée sans aucune protection alors leur blabla sur la santé de leurs ouvriers et le respect de l'environnement ils peuvent le mettre à la poubelle. Les régles doivent s'appliquer pour tous et pas seulement pour la France. Merci de me publier

  • Rapido, le 13/02/2006 à 10h35

    COULEZ LE!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Jeannot, le 13/02/2006 à 10h34

    Lorsque le Clem sera démentelé, je serai curieux de connaitre le coût global de l'opération. A mon avis, il aurait coûté moins cher de le ferrailler en France. Le problème, c'est que cela aurait pu créer des emplois en France....

  • Maxime, le 13/02/2006 à 10h34

    C'est honteux de déverser chez les autres nos poubelles!! C'est normal que l'inde refuse, deplus je pense qu'en France on a la technique pour désamienter nos bateaux non? Ca ferait du travail en plus!et en plus on respecterait un les hommes et deux la nature car en Inde on laisse pourir les bateaux dans la mer, on laisse les hommes sans protection

  • Joss, le 13/02/2006 à 10h18

    Cela devienr ubuesque, et combien tout cela va t-il couter aux contribuables, il faut une enquête et dégager les responsabilités, qui a pris les décisions?

  • Laurent, le 13/02/2006 à 10h04

    A force de faire des ronds dans l'eau, on va dépenser plus d'argent que si le désamiantage avait eu lieu en France; mais on est habituer en france à gaspiller l'argent des contribuables

  • Denis, le 13/02/2006 à 10h01

    Cette affaire est une honte pour la France. MAM ment sur ce sujet depuis le début et mérite de devoir démissioner de ses fonctions pour mensonges et mise en danger de la vie de milliers d'ouvriers indiens. L'Inde n'est pas la poubelle de la France et de son amiante

  • A méditer, le 13/02/2006 à 10h00

    Chirac sera en déplacement en Inde à New Delhi 19 / 20 et 21 Fév.... c'est à dire ce week-end.... Affaire diplomatique et de gros sous

  • Steph, le 13/02/2006 à 10h00

    He bien oui, a la fin la globalisation a ses limites. Et puis cette limite tendra a diminuer avec l'inde qui graduellement devient une puissance economique. Et puis Mittal c'est que le debut. -Steph

Lire tous les commentaires

      logAudience