© lciNouvel épisode dans la saga du Clemenceau. La Cour suprême indienne doit examiner lundi le dossier pour décider si elle autorise ou pas la fin du désamiantage et le démantèlement en Inde du porte-avions français. Les magistrats doivent déterminer si ces travaux prévus sur le chantier Shree Ram Scrap Vessel d'Alang (Etat du Gujarat, ouest) sont conformes à la Convention de Bâle sur les déchets dangereux et aux lois indiennes sur l'environnement.
Ils doivent se prononcer sur la base des conclusions d'une Commission de contrôle des déchets dangereux de la Cour suprême qui avait donné un premier avis défavorable le 6 janvier mais qui depuis est apparue divisée. Les experts de cette commission ont en effet soumis deux rapports à la Cour suprême, trois d'entre deux se prononçant contre l'entrée du Clemenceau en Inde, sept se prononçant pour "sous certaines conditions", a révélé la semaine dernière un de ses membres.
Combien d'amiante ?
Le débat porte sur la quantité d'amiante à bord du porte-avions désarmé. Paris affirme qu'il reste 46 tonnes de matériaux amiantés, situés dans les parties inaccessibles sans toucher à la navigabilité du bâtiment. La France a indiqué être prête à rapatrier l'amiante extraite du navire si New Delhi le souhaite. Selon deux nouvelles évaluations d'experts citées par Greenpeace, il resterait entre 500 et 1000 tonnes de matériaux amiantés. Selon l'organisation écologiste, le démantèlement du navire sur un chantier qu'elle juge vétuste et mal équipé menacerait l'environnement et la santé des ouvriers.
Une disparition embarrassante
"Le dossier est solide, il n'y a pas de plan B", a déclaré l'ambassadeur de France à New Delhi. Pourtant, la veille de cette importante décision, le Journal du Dimanche a publié les extraits d'une note récente du chef d'état-major de la marine nationale, l'amiral Alain Oudot de Dainville, à Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, dans laquelle il mentionne que le poids total des déchets convoyés au centre d'enfouissement de Bellegarde (Gard) est de 85 tonnes et non de 115 tonnes, comme l'ont toujours indiqué les autorités françaises.
"Deux hypothèses sont possibles, a indiqué le porte-parole de la Défense. "Soit tous les documents attestant de l'arrivée de ces matières n'ont pas été fournis et donc il y un manque de documents administratifs, soit entre les 115 tonnes qui ont parties de Toulon et les 85 tonnes qui sont arrivées à Bellegarde, il y a eu des produits contenant de l'amiante qui ont été détournés. " Une question " embarrassante ", reconnaît-il.
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