© AFP PHOTO/ BRU GarciaDes dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi dans le centre de Madrid pour s'opposer à la politique du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero envers l'organisation séparatiste basque ETA. Convoquée par l'Association des victimes du terrorisme (AVT), soutenue par l'Eglise et le Parti populaire (PP, droite), la manifestation est partie à 17h30 de la Place de la République argentine. Les manifestants tenaient des banderoles avec pour inscriptions "Pour eux, pour tous", "En mon nom, non", "Mémoire, dignité et justice". Parmi eux se trouvaient le président du PP, Mariano Rajoy, l'ancien chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar (PP) et l'ancien ministre de l'Intérieur, Angel Acebes (PP). Des "Assassins" et "Zapatero démission" se faisaient entendre alors que le cortège se dirigeait vers son point final, la Place de Christophe Colomb (Plaza de Colon).
Hostile à toute négociation avec l'ETA, l'AVT exige, comme l'opposition conservatrice du PP une "rectification" de la politique antiterroriste de Zapatero, qui a érigé la "pacification" du Pays basque espagnol en priorité de son mandat. La plus ancienne organisation espagnole de victimes du terrorisme entendait rééditer sa démonstration de force du 4 juin 2005, lorsqu'elle avait mobilisé des centaines de milliers de manifestants à Madrid.
Des manifestations qui "divisent et ne font que renforcer les violents"
Le débat qui divise les Espagnols sur l'opportunité d'un processus de paix s'est intensifié en février, depuis que Zapatero a évoqué un possible "début de la fin" de l'ETA, qui a assassiné plus de 800 personnes depuis 1968. Le chef du gouvernement a conditionné l'ouverture de "discussions" avec ETA (Euskadi Ta Askatasuna, "Pays Basque et Liberté" en basque) à un abandon définitif de la violence par l'organisation clandestine. Mais l'ETA a placé le chef de l'exécutif en porte-à-faux en publiant samedi dernier un communiqué invitant acteurs politiques et sociaux basques à franchir de "nouveaux pas" pour la paix, sans mention du cessez-le-feu attendu. L'organisation armée, qui n'a plus tué depuis mai 2003, a au contraire fait exploser trois bombes en 12 jours contre des entreprises basques dans le cadre de sa campagne de racket.
Comme une majorité d'Espagnols, les organisateurs de la manifestation de samedi s'opposent à toute contrepartie politique à un cessez-le-feu de l'ETA, comme la reconnaissance du droit à l'autodétermination revendiquée par les nationalistes basques, et à toute mesure de clémence envers ses prisonniers. Mais des voix contraires se font entendre. Des victimes de l'ETA, en majorité des élus socialistes basques, ont exprimé mercredi leur soutien aux efforts de Zapatero dans l'"espoir que les générations futures puissent vivre en paix et dans la liberté". Le collectif civique basque anti-violence "Basta ya!" ("Ça suffit!") a souligné qu'il ne manifesterait contre aucun gouvernement. Un message relayé par la veuve du dirigeant socialiste basque Fernando Baesa, assassiné il y a six ans par l'ETA, qui a déclaré samedi que ce type de manifestations "divisaient et ne faisaient que renforcer les violents".
Photo d'ouverture : "Pour eux, pour tous", affiche brandie par un manifestant samedi à Madrid - AFP PHOTO/ BRU Garcia
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