Démonstration de force anti-Zapatero à Madrid

le 25 février 2006 à 14h45 , mis à jour le 25 février 2006 à 21h29

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé samedi dans la capitale espagnole pour dénoncer le projet du gouvernement Zapatero d'ouvrir des discussions avec l'ETA. Une initative qui divise profondément les Espagnols.

[Expiré] [Expiré] manifestation madrid zapatero eta © AFP PHOTO/ BRU Garcia

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi dans le centre de Madrid pour s'opposer à la politique du gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero envers l'organisation séparatiste basque ETA. Convoquée par l'Association des victimes du terrorisme (AVT), soutenue par l'Eglise et le Parti populaire (PP, droite), la manifestation est partie à 17h30 de la Place de la République argentine. Les manifestants tenaient des banderoles avec pour inscriptions "Pour eux, pour tous", "En mon nom, non", "Mémoire, dignité et justice". Parmi eux se trouvaient le président du PP, Mariano Rajoy, l'ancien chef du gouvernement espagnol, José Maria Aznar (PP) et l'ancien ministre de l'Intérieur, Angel Acebes (PP). Des "Assassins" et "Zapatero démission" se faisaient entendre alors que le cortège se dirigeait vers son point final, la Place de Christophe Colomb (Plaza de Colon).

Hostile à toute négociation avec l'ETA, l'AVT exige, comme l'opposition conservatrice du PP une "rectification" de la politique antiterroriste de Zapatero, qui a érigé la "pacification" du Pays basque espagnol en priorité de son mandat. La plus ancienne organisation espagnole de victimes du terrorisme entendait rééditer sa démonstration de force du 4 juin 2005, lorsqu'elle avait mobilisé des centaines de milliers de manifestants à Madrid.

Des manifestations qui "divisent et ne font que renforcer les violents"

Le débat qui divise les Espagnols sur l'opportunité d'un processus de paix s'est intensifié en février, depuis que Zapatero a évoqué un possible "début de la fin" de l'ETA, qui a assassiné plus de 800 personnes depuis 1968. Le chef du gouvernement a conditionné l'ouverture de "discussions" avec ETA (Euskadi Ta Askatasuna, "Pays Basque et Liberté" en basque) à un abandon définitif de la violence par l'organisation clandestine. Mais l'ETA a placé le chef de l'exécutif en porte-à-faux en publiant samedi dernier un communiqué invitant acteurs politiques et sociaux basques à franchir de "nouveaux pas" pour la paix, sans mention du cessez-le-feu attendu. L'organisation armée, qui n'a plus tué depuis mai 2003, a au contraire fait exploser trois bombes en 12 jours contre des entreprises basques dans le cadre de sa campagne de racket.

Comme une majorité d'Espagnols, les organisateurs de la manifestation de samedi s'opposent à toute contrepartie politique à un cessez-le-feu de l'ETA, comme la reconnaissance du droit à l'autodétermination revendiquée par les nationalistes basques, et à toute mesure de clémence envers ses prisonniers. Mais des voix contraires se font entendre. Des victimes de l'ETA, en majorité des élus socialistes basques, ont exprimé mercredi leur soutien aux efforts de Zapatero dans l'"espoir que les générations futures puissent vivre en paix et dans la liberté". Le collectif civique basque anti-violence "Basta ya!" ("Ça suffit!") a souligné qu'il ne manifesterait contre aucun gouvernement. Un message relayé par la veuve du dirigeant socialiste basque Fernando Baesa, assassiné il y a six ans par l'ETA, qui a déclaré samedi que ce type de manifestations "divisaient et ne faisaient que renforcer les violents".

Photo d'ouverture : "Pour eux, pour tous", affiche brandie par un manifestant samedi à Madrid - AFP PHOTO/ BRU Garcia

le 25 février 2006 à 14:45
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Trestu, le 26/02/2006 à 19h19

    Si ces manifs pouvaient donner des idées aux français pour mettre à la porte le gouvernement actuel qui soi-disant de droite, a la même politique que Zapatero!!!

  • Alain, le 26/02/2006 à 16h25

    Il est normal que zapattero agisse comme cela. Il a deja courbe l'echine devant al quaida, et maintenant il capitule devant l'eta. Ceci est la politique des faibles et des laches!!!!!!!!

  • Garcia, le 26/02/2006 à 14h17

    Je trouve que vous ne donnez pas assez d'importance à ce qui se passe en Espagne. ETA n'ai pas une organisation separatiste uniquement, mais un groupe terroriste qui a assassiné plus de 800 personnes et qui en a blessé des centaines d'autres, qui rackete les basques, qui detruit des entreprises en les brulant avec de cocktails molotow, qui envoie des paquets explosif aux journalistes et aux journaux....ETA est plus qu'un groupe separatiste. J'habite en france maintenant mais je trouve honteux que le gouvernement espagnole puisse seulement considerer de pacter avec des terroristes,qui trouve normale de les remercier parce qu'ils n'ont pas tué depuis 1000jours et seulement bruler des entreprise et fait des blesses. je trouve honteux qu'on puisse sujerer de la clemence envers les prisoniers d'ETA. Ce sont des assassins, c'est pas des personnes qui sont en prison pour avoir volé un bout de pain, mais parce qu'ils ont tué des hommes, des femmes, des enfants. Des assassin qui on capturé et torturé ces victimes en les mettant dans des "trous" au il ne pouvent presque pas bouger....On ne negocie pas avec des assassins!!! Le peuple espagnole ne peut et ne veut pas oublier ce qui c'est et ce qui ce passe en Espagne, les gens ne veulent pas oublier les victimes d'ETA. NON a la negociation!! NON a ETA!!

  • Erwan, le 26/02/2006 à 09h39

    Il faut savoir que Aznar se dédie seulement à critiquer Zapatero aux Etats-Unis, tentant de bloquer complètement la politique extérieure de son pays. Rajoy, fait la même chose et tout son parti, au service de l'Opus Dei, est appliqué à critiquer la moindre parole, le moindre geste du gouvernement actuel. Je n'ai jamais vu une droite si réactionnaire ni une opposition si vindicative d'avoir perdu les élections, ce plusieurs années après sa défaite! Le P.P. accuse le P.S. de faire de la récupération électoraliste, mais pendant que le gouvernement essaye de travailler, que fait donc l'opposition, sinon de l'électoralisme de très bas étage: seulement des critiques et pas une proposition. Seulement des blocages même sur les points pour lesquels ils étaient d'accord auparavant!

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience