L'état d'urgence décrété aux Philippines

le 24 février 2006 à 07h48 , mis à jour le 24 février 2006 à 11h41

La présidente des Philippines Gloria Arroyo a décrété vendredi l'état d'urgence et affirmé avoir déjoué une tentative de putsch après l'arrestation de plusieurs hauts gradés de l'armée.

Drapeau Philippines

Infographie : Gloria Arroyo, l'une des onzes femmes au pouvoir dans le monde

"Le gouvernement a écrasé cette action illicite", a lancé la présidente dans une allocution télévisée prononcée peu après la proclamation écrite de l'état d'urgence sur l'ensemble du pays. "En tant que chef des armées, je contrôle la situation", a-t-elle affirmé, quelques heures après l'annonce par l'armée de l'arrestation de plusieurs hauts gradés de l'armée et de la police pour tentative présumée de putsch.

Le général de brigade Danilo Lim, commandant une unité d'élite, ainsi que le colonel Ariel Quevedo, ont été relevés de leurs fonctions et placés en détention. Le commandant des forces d'actions spéciales de la police nationale Narzalino Franco a également été interpellé, a précisé l'armée dans un communiqué. L'armée philippine avait déjà affirmé mercredi avoir déjoué une tentative de coup d'Etat. Des véhicules armés et des renforts de troupes ont été dépêchés dans les quartiers généraux de l'armée à Manille. La sécurité a également été renforcée sur d'autres bases de l'armée, a-t-on appris de sources militaires.

Nombreuses arrestations

La police anti-émeutes se déployait vendredi matin dans Manille tandis que des conteneurs ont été installés autour du palais présidentiel afin d'en bloquer l'accès. Au moins huit autres personnes, des militaires et des civils, devaient également être arrêtés vendredi pour implication présumée dans une tentative de putsch, a précisé le chef d'état-major de la présidente, Michael Defensor.

Les suspects ont tous participé à une "action armée" contre Mme Arroyo menée par des "membres de l'armée fourvoyés", a affirmé le responsable, sans nommer les personnes en passe d'être arrêtées. Les commandants de l'armée ont "exprimé leur soutien entier" pour leur hiérarchie, a-t-il assuré, tandis que les soldats ont reçu l'ordre de "se maintenir à distance de toute activité politique et de rester fidèle à la Constitution et à la loi".

Mme Arroyo a déjà été confrontée à une rébellion militaire en juillet 2003 et à une requête en destitution au Parlement l'an dernier, qu'elle a réussi à déjouer. Les rumeurs de coup d'Etat sont récurrentes aux Philippines et les autorités annoncent régulièrement avoir déjoué des complots contre le gouvernement.

Photo: Gloria Arroyo DR

le 24 février 2006 à 07:48
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

2 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Xavier, le 24/02/2006 à 11h15

    Viva zapatta

  • Feawing, le 24/02/2006 à 10h03

    Si je résume, elle a fait face à deux tentatives de putsch en deux ans, plus une requête de destitution du parlement... Et non seulement elle toujours là, mais en plus, si votre traduction est bonne, elle parle "d'écraser" les rebelles. Comment a-t-elle obtenu le pouvoir? Pour combien de temps est-elle censée le garder?

Lire tous les commentaires

      logAudience