© INTERNELe rapport de l'ONU, dont une partie avait fuité ces derniers jours, est sans appel : selon les enquêteurs onusiens, les Etats-Unis doivent fermer la base de Guantanamo, où sont détenus depuis fin 2001 des prisonniers soupçonnés d'appartenir à la mouvance terroriste islamiste.
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Dans une série de décisions lundi, le président américain a ordonné l'organisation de nouveaux procès militaires d'exception et encadré la détention illimitée de plus de 40 détenus de Guantanamo.
Publié le 08/03/2011
Le document, long de 54 pages, recommande également que les détenus soient transférés immédiatement dans une prison aux Etats-Unis avant leur procès, soient libérés.
"On-dit"
En attendant un procès, le gouvernement américain doit "s'abstenir de toute pratique équivalant à de la torture ou à des traitements ou punitions cruels, dégradants ou inhumains" sur ces prisonniers. "En particulier, ajoute le texte, toutes les techniques spéciales d'interrogatoire autorisées par le Département de la défense devraient être révoquées immédiatement".
Sans surprise, les Etats-Unis ont dénoncé ces conclusions, basées selon eux sur des "on-dit" obtenus auprès d'anciens prisonniers ou avocats. La Maison Blanche fait notamment remarquer qu'aucun des cinq enquêteurs n'a visité la prison. "Nous avons invité ces personnes à visiter Guantanamo Bay. Ils ont refusé notre invitation" explique Washington. "Je crois que l'Onu se discrédite quand une équipe comme celle-là se précipite pour faire un rapport sans avoir examiné les faits, en retenant seulement des allégations", a déclaré jeudi à la presse le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, répétant que les prisonniers "dont nous parlons sont de dangereux terroristes", et assurant que "rien n'a changé" dans la position américaine quant à une fermeture du camp. Les enquêteurs soulignent quant à eux que l'administration américaine n'avait pas voulu qu'ils rencontrent directement les détenus.
Prise de distance
Ce rapport a été rédigé par des experts indépendants désignés par la Commission des droits de l'homme de l'ONU, parmi lesquels le rapporteur spécial sur la torture Mandred Nowak et celui sur la détention arbitraire, Leila Zerrougui. Le porte-parole du secrétaire général a d'ailleurs profité de cette subtilité pour prendre ses distances avec le document.
(photo d'archives : prisonnier à Guantanamo)
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