© INTERNEMenacé d'actes de violence, le scrutin a été reporté quatre fois depuis un an. Alors l'objectif du Conseil électoral et de la communauté internationale ce mardi est simple : "Des élections libres, honnêtes et démocratiques". Leur déroulement, encadré par 9.500 Casques bleus et policiers internationaux, se révèle néanmoins délicat dans ce pays, le plus pauvre du continent américain, où vivent 8,5 millions d'habitants. 3,5 millions d'eutre eux vont pouvoir voter. Nombre d'entre eux vont devoir marcher parfois longtemps pour atteindre les urnes.
Préval favori
Les résultats ne sont pas attendus avant trois jours. Les Haïtiens doivent choisir un président parmi 32 candidats, ainsi que 30 sénateurs et 99 députés parmi 1.300 prétendants, sous la surveillance de quelque 210 observateurs internationaux et 120.000 observateurs haïtiens.
Le favori de la présidentielle est l'ex-président René Préval, 63 ans, ancien proche du chef d'Etat déchu Jean Bertrand Aristide. Sous la pression d'une insurrection armée, Aristide a fui Haïti le 29 février 2004 et vit aujourd'hui en exil en Afrique du Sud. Les principaux rivaux de René Préval sont un industriel, Charles Henry Baker, et l'ancien président Leslie Manigat (1988).
Trêve des bandes armées
Depuis quelques jours, les bandes armées qui agissent en toute impunité en Haïti, notamment à Port-au-Prince dans des zones de non-droit, semblent observer une trève. Les enlèvements à des fins de rançons qui proliféraient en décembre et janvier n'ont plus cours. Quelques 200.000 armes circulent dans le pays, gangréné par le trafic de drogue et la contrebande. Quatre à cinq cent individus ont des armes de guerre à Port-au-Prince, selon l'Onu. Après 30 ans de dictature, Haïti n'a connu depuis vingt ans que des crises entrecoupées de coups d'Etat meurtriers.
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