© lciLa main de la Syrie ? Après les incidents de Damas samedi où plusieurs ambassades ont été incendiées en réaction à la publication des caricatures de Mahmet, c'était le tour de Beyrouth dimanche. Le soir même, le ministre de l'Intérieur a démissionné. Hassan Sabeh a précisé qu'il avait refusé d'ordonner de tirer sur la foule et d'être responsable d'un carnage. Parmi les personnes interpellées lors des manifestations, plus de la moitié serait des Syriens ou des Palestiniens selon le premier ministre libanais.
A Paris, Saad Hariri, chef du groupe majoritaire au parlement libanais, a dénoncé "les actes de violence qui ont commencé à Damas et ont été exportés à Beyrouth"."Quiconque a lancé une pierre sur une église, une voiture, une ambassade en paiera le prix le plus élevé", a-t-il assuré.
Car Beyrouth a été dimanche le théâtre de manifestations agressives. L'immeuble abritant le consulat danois dans le quartier chrétien d'Achrafiyé à Beyrouth a été incendié. Plus tôt dans la matinée, la police était parvenue à disperser le cortège par des gaz lacrymogènes et des coups de matraques. Les manifestants s'en étaient alors pris à une église puis à des biens et commerces de ce quartier chrétien. Vingt-huit personnes ont été blessées dans ces affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants. Le Danemark a appelé ses ressortissants à quitter le Liban.
Samedi, appelant à "la retenue de la part de toutes les personnes concernées", la présidence autrichienne de l'Union européenne a "condamné la vague d'attaques et menaces contre des citoyens européens et leur biens, qui a culminé dans des attaques contre les bureaux de l'Union européenne et de pays membres dans les territoires palestiniens et l'incendie des ambassades du Danemark, de Suède et de Norvège à Damas".
Regrets syriens
Dimanche, le ministère des Affaires étrangères syrien a exprimé "ses regrets des actes de violence qui ont accompagné les manifestations de protestation (samedi), et qui ont occasionné des dégâts matériels dans des ambassades à Damas". "Nous comprenons les sentiments de colère populaire devant les offenses qui ont visé le Prophète, mais il est inadmissible que l'ordre et (...) la loi soient violés dans le pays", a ajouté le ministère.
Plus tôt, le grand mufti de Syrie, plus haut dignitaire musulman du pays, a "regretté" que des manifestants syriens aient incendié ces bâtiments. Il s'agit selon lui "d'éléments ne croyant pas au dialogue qui s'étaient introduits parmi les manifestants". "Nous sommes tristes de leur action qui a nui à notre dialogue avec les peuples danois et norvégien", a-t-il ajouté.
D'après AFP
(Image LCI : dimanche matin, à Beyrouth)
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