
Le spectre de la guerre civile, crainte par les dirigeants du pays et la communauté internationale, se fait de plus en pressant en Irak depuis mercredi. Les affrontements et attentats se multiplient en effet partout dans le pays entre chiites et sunnites. Et la principale liste sunnite, le Front de la Concorde, a annoncé qu'elle suspendait sa participation aux négociations pour la formation du gouvernement irakien.
Au moins 130 personnes - et sans doute plus - ont péri dans des violences confessionnelles sans précédent. A Bagdad, au moins 80 corps de personnes tuées par balles ont été transportés à la morgue alors que 47 ouvriers sunnites et chiites d'une briquetterie, ont été abattus à l'est de la capitale par des hommes armés.
Zarqaoui ?
Point de départ de cette flambée de violences : l'attentat commis mercredi matin contre le mausolée chiite de Samarra, ville à majorité sunnite située au nord de Bagdad. Même si l'action n'a pas encore été revendiquée, elle porte pour de nombreux observateurs la marque du groupe Zarqaoui, le chef de la nébuleuse Al Qaïda en Irak.
L'objectif : déclencher des affrontements entre chiites et sunnites et saboter la création du nouveau gouvernement. Le premier objectif semble atteint puisque les représailles ont débuté dès mercredi après-midi avec une trentaine d'attaques contre des mosquées sunnites. Des dizaines de milliers de chiites ont également manifesté en criant "vengeance". Le deuxième objectif semble aussi en passe d'être atteint avec l'annonce du Front de la Concorde...
La communauté internationale, Etats-Unis en tête, a unanimement condamné cette attaque et mis en garde contre un embrasement général dans le pays, où le scénario de guerre civile inquiète depuis des mois les experts à Washington. Les forces de sécurité ont été placées en état d'alerte maximum en Irak où 150.000 soldats américains déployés. Un couvre-feu renforcé a été imposé à Bagdad et dans les régions situées au nord de la capitale où se trouve Samarra.
Sommet
Pour l'instant, les appels au calme lancés par la plupart des dignitaires religieux des deux confessions et des responsables politiques se sont révélés inefficaces. Pour trouver une solution, le président Djalal Talabani -un sunnite laïc d'origine kurde- les a convoqués à un sommet. Un sommet qui n'aura sûrement servi à rien puisqu'il était boycotté par les principaux partis sunnites.
Djalal Talabani a néanmoins tiré la sonnette d'alarme sur les risques d'un embrasement généralisé. "Eteindre le feu de la sédition est un devoir sacré et passe par l'unité nationale", a-t-il notamment déclaré.
Couvre-feu
Un couvre-feu a été imposé vendredi durant la journée jusqu'à 16H00, heure locale, à Bagdad ainsi que dans trois autres provinces, selon un communiqué du bureau du Premier ministre Ibrahim Jaafari. Il est interdit de circuler jusqu'à 16H00. La mesure est appliquée à Bagdad ainsi que dans les provinces de Diyala, Babylone et Salaheddine, où se trouve Samarra, où un lieu saint chiite a été dynamité mercredi. Des barrages ont été mis en place pour empêcher tout déplacement entre les différents quartiers de la ville.
(photo : manifestation de chiites)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




