"Les Irakiens ne sont pas tombés dans la guerre civile"

le 26 février 2006 à 20h03 , mis à jour le 26 février 2006 à 20h45

C'est ce qu'a estimé dimanche le conseiller irakien à la Sécurité nationale interrogé sur CNN. Le week-end a vu une décrue relative des violences, qui ont tout de même fait 26 morts samedi et 25 dimanche. Le couvre-feu sera levé lundi à Bagdad.

carte irak © INTERNE

Les Irakiens "ont montré à Al-Qaïda et au monde qu'ils ne se laisseront jamais entraîner dans une guerre civile" malgré les violences intercommunautaires. Ce propos optimiste a été tenu dimanche par le conseiller irakien à la Sécurité nationale, Mowaffak al-Rubaie, sur CNN - et il en a profité pour annoncer l'arrestation de 10 suspects dans l'enquête sur l'attentat contre un mausolée chiite à Samarra, au nord de Bagdad, mercredi. Il est vrai que si les violences se sont poursuivies (26 personnes tuées samedi, 25 dimanche), elles étaient en net retrait par rapport aux jours précédents (119 morts, selon un bilan officiel publié samedi - plus, selon d'autres témoignages). Dimanche, les violences les plus meurtrières ont eu lieu à Saïdiya et à Abou Tchir, quartier chiite du sud de Bagdad, où 16 personnes ont été tuées et 45 blessées dans la chute de huit obus sur un marché de légumes.

Le gouvernement irakien a décidé de lever lundi l'interdiction de circulation automobile qui avait transformé Bagdad en ville morte dimanche. Le couvre-feu nocturne, qui avait été étendu vendredi et samedi à la quasi totalité de la journée à Bagdad et à trois provinces alentours, devrait être levé à 6 heures. Ces mesures restrictives avaient été prises pour tenter d'éviter la poursuite des violences intercommunautaires survenues après l'attaque de Samarra. Ces exactions ont été condamnées dimanche par le pape Benoît XVI, qui s'est inquiété des violences commises au nom de Dieu, embrassant dans la même réprobation "la guerre des mosquées" en Irak et les affrontements entre chrétiens et musulmans au Nigeria.

Moqtada Sadr appelle à l'unité contre "l'occupant"

A Bassorah, Moqtada Sadr a appelé "tous les Irakiens, sunnites et chiites, musulmans et non musulmans, à une manifestation unitaire à Bagdad pour réclamer le départ des forces d'occupation". Son mouvement, qui avait été accusé par le Parti islamique sunnite d'avoir pris part aux exactions contre cette communauté après le dynamitage du mausolée de Samarra, affirme avoir fait "la paix" avec les représentants de la communauté sunnite. La manifestation visera dans le même temps à condamner les auteurs de l'attentat de Samarra... désignés comme "les takfiri et les baassistes, qui représentent le couteau avec lequel l'occupant frappe". Les takfiri, extrémistes sunnites, désignent Abou Moussab al-Zarqaoui et les groupes qui lui sont affiliés.

A Washington, le conseiller américain à la sécurité nationale, Stephen Hadley, a estimé dimanche que les violences constituent "une opportunité" pour les différentes communautés de "construire le genre de gouvernement d'union nationale qui peut faire avancer le pays".

Photo d'ouverture : archives 

le 26 février 2006 à 20:03
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5 Commentaires

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  • Nicedeville, le 27/02/2006 à 16h29

    "Les Irakiens ne sont pas tombés dans la guerre civile" traduire par : ""Les Irakiens sont bel et bien tombés dans la guerre civile"

  • Jack, le 27/02/2006 à 09h17

    Ah oui, bien sur CNN !!! No comment. Jack - Anvers

  • Vera, le 27/02/2006 à 06h09

    Ce serait interessant que le resultat soit le contraire de ce qu'espere les terroristes et que les differents courants s'associent enfin pour lutter contre ceux qui utilisent leur divergence au lieu de construire un pays pour qu'enfin les Irakiens vivent en paix. Est-ce que ces 26 morts ne seraient pas plutot victimes de reglements de compte?

  • Xxxxx, le 27/02/2006 à 04h08

    Pour établir l'ordre en irak, il faudrait : - Interdire tous port d'armes et explosif. - Contrôler très sévèrement des fontières. (Avec les américains si nécéssaire) - Faire de nombreux barrages mobiles aux entrées des villes, des villages et sur les routes. - Faire des perquisitions surprises à grande échelle (village par village, cartier par cartier) que se soit un lieu saint ou pas. Ensuite une fois le calme revenu, il ne resterait qu'à surveiller les fontières. Et les américains pourraient rentrer chez eux.

  • Justice, le 26/02/2006 à 21h54

    Tout depend de ce qu'on appelle une guerre civile. La definition de ce conseiller irakien semble etre : Tant que tout le monde n'est pas mort, on est pas encore en guerre civile. Si tout le monde meurt, alors ce fut une guerre civile. Rassure toi, le conseiller : Le petrole est encore exploitable, ce n'est donc pas une guerre civile.

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