© INTERNELes Irakiens "ont montré à Al-Qaïda et au monde qu'ils ne se laisseront jamais entraîner dans une guerre civile" malgré les violences intercommunautaires. Ce propos optimiste a été tenu dimanche par le conseiller irakien à la Sécurité nationale, Mowaffak al-Rubaie, sur CNN - et il en a profité pour annoncer l'arrestation de 10 suspects dans l'enquête sur l'attentat contre un mausolée chiite à Samarra, au nord de Bagdad, mercredi. Il est vrai que si les violences se sont poursuivies (26 personnes tuées samedi, 25 dimanche), elles étaient en net retrait par rapport aux jours précédents (119 morts, selon un bilan officiel publié samedi - plus, selon d'autres témoignages). Dimanche, les violences les plus meurtrières ont eu lieu à Saïdiya et à Abou Tchir, quartier chiite du sud de Bagdad, où 16 personnes ont été tuées et 45 blessées dans la chute de huit obus sur un marché de légumes.
Le gouvernement irakien a décidé de lever lundi l'interdiction de circulation automobile qui avait transformé Bagdad en ville morte dimanche. Le couvre-feu nocturne, qui avait été étendu vendredi et samedi à la quasi totalité de la journée à Bagdad et à trois provinces alentours, devrait être levé à 6 heures. Ces mesures restrictives avaient été prises pour tenter d'éviter la poursuite des violences intercommunautaires survenues après l'attaque de Samarra. Ces exactions ont été condamnées dimanche par le pape Benoît XVI, qui s'est inquiété des violences commises au nom de Dieu, embrassant dans la même réprobation "la guerre des mosquées" en Irak et les affrontements entre chrétiens et musulmans au Nigeria.
Moqtada Sadr appelle à l'unité contre "l'occupant"
A Bassorah, Moqtada Sadr a appelé "tous les Irakiens, sunnites et chiites, musulmans et non musulmans, à une manifestation unitaire à Bagdad pour réclamer le départ des forces d'occupation". Son mouvement, qui avait été accusé par le Parti islamique sunnite d'avoir pris part aux exactions contre cette communauté après le dynamitage du mausolée de Samarra, affirme avoir fait "la paix" avec les représentants de la communauté sunnite. La manifestation visera dans le même temps à condamner les auteurs de l'attentat de Samarra... désignés comme "les takfiri et les baassistes, qui représentent le couteau avec lequel l'occupant frappe". Les takfiri, extrémistes sunnites, désignent Abou Moussab al-Zarqaoui et les groupes qui lui sont affiliés.
A Washington, le conseiller américain à la sécurité nationale, Stephen Hadley, a estimé dimanche que les violences constituent "une opportunité" pour les différentes communautés de "construire le genre de gouvernement d'union nationale qui peut faire avancer le pays".
Photo d'ouverture : archives
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