Mladic arrêté, une fausse info, mais...

le 22 février 2006 à 15h58 , mis à jour le 22 février 2006 à 16h32

Le TPI a démenti ce mercredi les rumeurs de la presse serbe sur l'arrestation imminente de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie. Mais ces informations interviennent néanmoins à un moment clé.

yougoslavie bosnie tpi mladic © INTERNE

"Ratko Mladic est toujours en fuite et il n'y a aucune indication sur des négociations concernant une reddition". Interrogée mercredi matin sur les rumeurs de l'arrestation de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Carla del Ponte, la procureure du Tribunal pénal international, a été claire. "Ratko Mladic est à portée de main des autorités serbes. Il peut et doit être arrêté immédiatement et j'encourage toutes les autorités serbes à poursuivre intensément cet objectif" a-t-elle insisté.

L'ancien général, aujourd'hui âgé de 63 ans, a été inculpé de génocide en 1995 pour son rôle dans le siège de Sarajevo qui a fait près de 10 000 morts et dans le massacre de près de 8 000 Musulmans à Srebrenica.

Négociations avec l'UE en vue

Aujourd'hui, son arrestation conditionne l'avenir européen de la Serbie. Or les informations de mardi soir interviennent alors que Belgrade doit en principe reprendre prochainement -au plus tard en avril- ses négociations avec l'Union européenne pour un accord d'association et stabilisation, premier vers l'intégration. Mais au début du mois, le commissaire européen à l'Elargissement Olli Rehn, a fait planer la menace d'un report en évoquant justement une "détérioration" de la coopération de Belgrade avec le TPI.

Cet avertissement a d'autant plus été interprété comme un ultimatum que Carla del Ponte, en visite à Belgrade début février, a également mis la pression sur les autorités serbes. "J'ai besoin de résultats concrets. La coopération ne suffit pas si elle n'est pas suivie de résultats concrets", avait-elle lancé -elle soupçonne en effet depuis longtemps les autorités serbes, en dépit de leurs démentis répétés, de savoir où le fugitif se cache. La fin février a donc été perçue comme le dernier délai pour une arrestation.

Héros

Mais le gouvernement craint cette interpellation, étant donné que pour de nombreux Serbes, les ultranationalistes en particulier, Mladic demeure un héros. Pour les observateurs, la multiplication des informations sur son arrestation serait ainsi destinée avant tout à préparer l'opinion publique.

D'après AFP

(photo d'archives : Ratko Mladic)

le 22 février 2006 à 15:58
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3 Commentaires

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  • Rachid, le 22/02/2006 à 18h55

    Vivement qu'ils attrapent ces criminels de guerre, que leurs exactions ne restent pas impunis.

  • Vastre, le 22/02/2006 à 18h07

    A l'évidence, ce type n'interesse pas grand monde en France !

  • Alex, le 22/02/2006 à 16h26

    Le nationalisme radical est encore aujourd'hui bien réel en Serbie: le parti radical de T.Nikolic, les anciens communistes pro-Milosevic et les nationalistes dits modérés du Premier ministre V.Kostunica forment l'essentiel de la majorité politique de ce pays. Et il offre ainsi aux autorités de Belgrade le prétexte permanent pour ne rien entreprendre. Dans ces conditions, la Serbie n'a pas sa place dans l'Union européenne.

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