© INTERNEIls n'avaient jusqu'ici ni nom, ni visage, et le monde ne les connaissait que sous la forme de silhouettes enchaînées et invariablement vêtues d'une tenue orange. Mais la justice américaine va rendre un nom aux détenus de Guantanamo. Le Pentagone a indiqué samedi qu'il allait publier d'ici au 3 mars les noms des prisonniers, conformément à une décision de justice récente. Les départements de la Défense et de la Justice travaillent ensemble pour publier les noms "d'ici au 3 mars", a indiqué samedi le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-commandant Joe Carpenter.
Le juge fédéral de New York, Jed Rakoff, vient d'ordonner au département de la Défense de publier ces noms d'ici vendredi, dans le cadre d'une procédure judiciaire lancée par l'agence de presse Associated Press qui s'interrogeait sur le statut d'"ennemi combattant" attribué aux prisonniers. L'agence cherchait à accéder aux scripts non censurés des quelque 550 auditions militaires qui ont été menées à Guantanamo.
Des noms biffés sur les scripts d'auditions
Selon le Washington Post, citant des responsables du Pentagone, la liste qui devrait être publiée le 3 mars ne sera pas celle des 490 personnes actuellement détenues à Guantanamo. Elle devrait plutôt contenir les noms associés à environ 390 scripts d'auditions, tous les détenus n'ayant pas participé à ces auditions, selon le quotidien. Le département de la Défense avait déjà publié les scripts en 2005, mais en masquant les noms et nationalités des détenus afin, selon lui, de protéger leur vie privée ainsi que celle de leur famille. Le juge Rakoff, qui avait déjà ordonné le 24 janvier la publication de ces identités, avait alors estimé que la justification du gouvernement n'était pas suffisamment solide. Le gouvernement a décidé mercredi de ne pas faire appel de cette décision.
La publication de centaines de noms de détenus a déjà été rendue possible par la décision de la Cour suprême en juin 2004 de permettre à ces personnes de lancer des procédures auprès de la justice fédérale pour contester leur emprisonnement. A cela s'est ajouté le travail de recherche d'organisations des droits de l'homme et de journalistes.
Photo d'ouverture : détenus de Guantanamo - archives
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