
Le chaos se poursuit devant le tribunal où Saddam Hussein et sept de ses anciens lieutenants comparaissent pour le massacre de 148 villageois chiites en 1982. Ouvert en octobre, le procès n'en était ce lundi qu'à sa onzième audience... qui a été une nouvelle fois suspendue et ajournée à mardi par le juge Raouf Abdel Rahman
Lundi matin, l'ancien dictateur avait une nouvelle fois profité de l'occasion pour remettre en cause le tribunal. En entrant dans la salle, il s'était ainsi écrié : "A bas les traîtres. A bas Bush. Vive la oumma". Affirmant "avoir été forcé de venir", il avait également lancé "tu n'es rien. Honte à toi" au président du tribunal. "Exercez votre prérogatives et jugez moi en mon absence" a-t-il conclu.
Le désordre régnait en fait dans toute la salle. Barzan al-Tikriti, demi-frère de Saddam Hussein, s'est notamment battu avec ses gardes qui l'ont obligé à s'asseoir. "Je ne veux pas être ici. Longue vie à l'Irak. Honte à ta virilité. Tu es un juge militaire " a-t-il crié, avant de s'asseoir par terre, tournant le dos au juge.
"Pas un tribunal, un jeu"
"Nous allons agir selon les procédures et nous n'allons pas tolérer de discours politiques et les entraves que vous mettez à la bonne marche du tribunal. La cour va appliquer la loi à ceux qui tentent de saboter son travail", a répliqué le président du Haut tribunal pénal irakien, Raouf Rachid Abdel Rahman.
En l'absence des avocats, qui ont décidé de boycotter la séance, le procureur général Jaafar al-Moussaoui si les accusés acceptaient des avocats d'office. "Nous voulons les nôtres", a répondu Barzan al-Tikriti, avant d'ajouter à l'adresse des gardes : "ils me terrorisent". Le président a reposé la question. "Nous voulons les avocats que nous avons choisi", a répondu Saddam Hussein. "Ils ont été frappés dans la cour devant vous et Barzan a été frappé aussi devant vous. Ce n'est pas un tribunal, c'est un jeu", a-t-il raconté.
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