
Après les Britanniques par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, le gouvernement américain a à son tour condamné vendredi la publication de caricatures représentant le prophète Mahomet dans la presse européenne. "Ces dessins constituent effectivement une insulte aux croyances des musulmans", a déclaré un porte-parole du département d'Etat, Kurtis Cooper. "Nous reconnaissons et respectons entièrement la liberté d'expression mais elle doit être combinée à la responsabilité de la presse. Inciter de cette façon à la haine ethnique ou religieuse n'est pas acceptable".
Parallèlement, Kofi Annan, a appelé ses "amis musulmans" à accepter les excuses présentées par le journal danois et 'tout le monde à s'abstenir de prendre des mesures propres à envenimer la situation". Assurant défendre la liberté de la presse, le secrétaire général des Nations unies considère toutefois que cette dernière trouve ses limites dans "le plein respect des croyances et des piliers de toutes les religions".
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Mais ces appels n'ont pas été entendus. A Gaza, des Palestiniens, souvent très jeunes, ont jeté des pierres samedi matin contre le quartier général de l'Union européenne... devant les caméras. Plus tôt, deux Palestiniens, pris pour des étrangers, avaient été enlevés par des hommes armés dans le centre de la bande de Gaza. Aux Pays-Bas, le quotidien De Volkskrant a reçu un courrier électronique, indiquant qu'une bombe exploserait dans ses locaux pour avoir reproduit les dessins controversés.
Kafi Annan n'a pas eu plus de succès du côté des défenseurs de la liberté d'expression. Deux journaux néo-zélandais, le Dominion Post et The Press, ont à leur tour publié samedi les caricatures du prophète Mahomet. "Il est important que nos lecteurs voient ce qui est à l'origine de cette affaire pour qu'ils se fassent leur propre opinion. Notre société est une société laïque fondée sur les idéaux occidentaux de tolérance et de débat d'idées, même si cela peut parfois choquer", commente le rédacteur en chef du Dominion Post.
Quant aux auteurs danois des caricatures de Mahomet, ils ont accepté la reproduction de leurs œuvres tout en exigeant que celle-ci se fasse dans un contexte éditorial "sérieux et respectueux"... et que cette utilisation soit rémunérée. La somme non précisée ira à un fonds destiné aux auteurs. Quatre des caricaturistes ont indiqué qu'ils avaient touché chacun 800 couronnes danoises (105 euros) pour leurs dessins et que les médias internationaux avaient un peu tardé à payer pour les avoir reproduits.
Image LCI : samedi matin à Gaza, des adolescents scandent des slogans contre les médias européens
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