
Imaginez un instant qu'une commission de l'Assemblée Nationale convoque Raymond Domenech pour s'expliquer et justifier ses choix en vue de la prochaine Coupe du monde... Impensable ! Mais pas en Allemagne. Outre-Rhin, des élus de tous bords, qui n'ont pas digéré la lourde défaite de leur équipe 4 à 1 face à l'Italie le 1er mars dernier, souhaitent en effet ardemment que le sélectionneur de l'équipe nationale Jürgen Klinsmann vienne s'expliquer sur les piètres résultats de son équipe, devant la commission sportive du Bundestag (le Parlement allemand).
Parmi eux, Norbert Barthle, chrétien-démocrate (CDU) chargé des questions sportives, aimerait que l'ancien joueur du Bayern Munich précise quel "concept" il entend appliquer à sa sélection et surtout comment "il compte devenir champion du monde" en juillet prochain. Côté parti libéral (FDP), par l'intermédiaire de Miriam Gruss, spécialiste des questions sportives, justifie cette convocation par le fait que la Coupe du monde 2006 est une "affaire nationale" pour l'Allemagne.
Klinsmann aux abonnés absents
Autre mécontent, hors de l'arène politique, le président du comité d'organisation du mondial 2006 Franz Beckenbauer. Celui que l'on surnomme le "Kaiser" critique le manque d'implication apparent de l'entraîneur de la Mannschaft. Jürgen Klinsmann n'a en effet rien trouvé de mieux à faire que de rentrer aux Etats-Unis, où il réside, alors qu'un séminaire réunissant les délégués de toutes les équipes qualifiées pour la phase finale de la Coupe du monde se tient à Düsseldorf. "Il aurait dû être présent. C'est un rendez-vous obligatoire et il n'y a pas tant de rendez-vous de la sorte" estime-t-il. "Je ne sais pas combien de fois je lui ai parlé de cela, mais visiblement, ça ne sert à rien" conclut-il.
Egalement vilipendé par la presse allemande (cf encadré), Klinsmann ne trouve qu'un seul soutien dans cette tempête de quolibets, en la personne du président de la fédération, Theo Zwanziger. "Il va analyser minutieusement cette défaite très amère. Peut être est-ce mieux qu'il soit loin de cette agitation pour le faire", déclare-t-il dans Bild, rappelant aux polémistes qu'"en 1954, 1974 et 1990, il y eu aussi des mauvais résultats (avant la Coupe du monde) et de vives discussions" mais qu'"au final nous sommes tout de même devenus champions du monde".
Photo d'ouverture: Jürgen Klinsmann (archive)
La presse allemande se déchaîne |
Après la déroute 4 à 1 face à l'Italie le 1er mars dernier, la presse s'était déchaînée sur Jürgen Klinsmann, qualifiant cette défaite de "désastre" et de "catastrophe". Le quotidien Berliner Zietung titrait jeudi "Klinsi, c'est comme ça qu'on va couler au mondial" alors que Bild s'en prenait vertement à l'équipe et notamment à son capitaine, Michael Ballack: "bande de nouilles! Et Ballack aussi, grande catastrophe". L'Allemagne court depuis plus de cinq ans après son premier succès face à une équipe de premier plan. La dernière victoire allemande d'envergure remonte au 7 octobre 2000 à Wembley, où la Mannschaft l'avait emporté 1 à 0 face à l'Angleterre. |
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