Le bassiste de Bob Marley réclame 86 millions d'euros

Par Par Matthieu DURAND, le 18 mars 2006 à 07h00 , mis à jour le 18 mars 2006 à 08h57

Aston Barrett, l'un des piliers des Wailers, est engagé depuis jeudi dans un procès contre Universal/Island Records pour obtenir des sommes qu'il estime n'avoir jamais perçues. Le procès pourrait avoir des conséquences en France.

bob marley reggae rasta © INTERNE

A sa mort, en 1981, Bob Marley a laissé en héritage un répertoire musical et spirituel unique ainsi que 30 millions de dollars mais pas de testament. Une somme qui a provoqué bien des convoitises et donné lieu à des batailles féroces, et pas seulement devant les tribunaux (lire : "Big business autour d'une idole"). "Son corps n'était pas encore froid dans sa tombe que les charognards se disputaient déjà ses possessions terrestres", avait ainsi lâché Cedella Booker, la mère du chanteur (1). Les années ont passé mais la question n'est toujours pas réglée.

  • Bob Marley, un mythe toujours vivant

    Il y a 30 ans, le 11 mai 1981, le chanteur jamaïcain disparaissait prématurément, emporté par un cancer. Apôtre de la non violence, il a popularisé le reggae et le mouvement rastafari, dont il reste encore la figure emblématique.

    Publié le 10/05/2011 Bob Marley, un mythe toujours vivant
  • Un des fils de Bob Marley regrette d'avoir trop parlé

    Ky-Mani Marley, l'un des fils de la légende du reggae, était en bisbille avec son éditeur, accusé d'avoir déformé ses propos, peu amènes sur le clan Marley. Les deux parties ont trouvé un accord.

    Publié le 17/03/2010 Un des fils de Bob Marley regrette d'avoir trop parlé
Plus d'infos

Nouvelle illustration avec l'ouverture jeudi dernier à Londres d'un procès contre la maison de disques Universal/Island Records. Le plaignant est le bassiste de Bob Marley, Aston Barrett, qui réclame une indemnisation de 60 millions de livres (86 millions d'euros) pour des sommes non reçues alors qu'il faisait partie des Wailers, le groupe qui accompagnait le chanteur. Aston, surnommé "Family Man" (il est le père de 52 enfants), et son frère Carlton (à la batterie) en constituait l'ossature. Selon l'avocat du bassiste, les deux frères, qui étaient deux musiciens réputés du milieu reggae (ils ont notamment travaillé avec le producteur Lee Scratch Perry), sont d'ailleurs "largement responsables" du son qui a rendu célèbre Bob Marley.

"Société de fait"

Cliquez ici pour découvrir
notre dossier Bob Marley
Du vivant de l'artiste, "les Wailers n'ont jamais signé de contrat avec Island Records", explique à LCI.FR l'avocat français André Bertrand, qui défend les intérêts d'une centaine d'artistes jamaïcains, dont Jimmy Cliff, Max Romeo et certains Wailers, qui s'estiment spoliés par les majors et les sociétés d'auteurs françaises. Me Bertrand indique que chaque semaine, Bob Marley payait ses musiciens en billets, l'argent venant principalement des concerts, mais un "accord tacite" avait été conclu entre le leader charismatique et son groupe : sur chaque somme perçue, 50% devaient revenir au chanteur et 50% aux musiciens. Dans le cadre du procès de Londres, "Aston Barrett veut faire juger qu'il existait une société de fait dont 50% des actions étaient possédées par Bob Marley et 50% par les Wailers", poursuit l'avocat. La conséquence étant que les Wailers devraient percevoir 50% des revenus générés par cette société. La part d'Aston et de Carlton, qui est décédé, a été estimée à 86 millions d'euros.

Par ailleurs, Aston Barrett a co-signé avec Marley plusieurs chansons pour lesquelles il affirme n'avoir pas perçu de droits d'auteur. Les avocats d'Universal opposent que selon un accord conclu en 1994, les Wailers ont renoncé à ces droits en échange du versement de 500.000 dollars. A la fin des années 80, précise Me Bertrand, "les Wailers ont découvert que Rita Marley [la veuve du chanteur, NDLR] avait vendu pour 8 millions de dollars des actifs à Island Logic", une société fondée par Chris Blackwell, l'ex-producteur de Bob Marley. "Pour moi, des actifs, ce sont des biens matériels", lâche l'avocat. Traduction : l'accord signé par les Wailers ne portait pas sur la propriété des enregistrements et donc sur les revenus qui en découlent. Le procès de Londres, qui durera trois semaines, devrait également statuer sur ce point.

Pour ne pas gêner le procès de Londres, Me Bertrand a mis entre parenthèse une procédure en France à l'encontre d'Universal pour le compte d'ex-Wailers : Tyrone Downie (qui vit en France), Junior Marvin, Marcia Griffith et Judy Mowatt. "Si la plainte [de "Family Man", NDLR] est reconnue à Londres, cela entraînera une transaction de facto", qui bénéficiera à tous les Wailers, assure-t-il. En attendant, sur le site officiel Bobmarley.com, la page consacrée à Aston Barrett "n'est plus disponible".

(1) citée par Maureen Sheridan dans L'Intégrale Bob Marley, éditions Hors Collection.

photos : Universal/Island Music

Par Par Matthieu DURAND le 18 mars 2006 à 07:00
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles Monde
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Muriel, le 20/03/2006 à 18h20

    Les majors disent se battre pour le droit des artistes et que c'est pour ca qu'ils nous font payer aussi cher les CDs, mais quand les musiciens veulent leur part du gateau les majors changent de chanson, n'est-ce pas? Moi je ne suis pas contre payer le musicien, mais je ne vois pas pourquoi je devrais engraisser une tribu de commerciaux profiteurs sans talent.

  • Xopher, le 20/03/2006 à 12h00

    Je ne vais pleurer pour les Majors, on se rend compte finalement que c'est une bande de voyous... Nombreux sont les artistes qui s'en plaignent! A quand l'auto-production et l'éradication des majors?

  • Greg, le 18/03/2006 à 15h10

    Et alors, c'est maintenant que l'on se soucis de l'argent, x années plus tard, de plus, c'est pas trop dans le "Spirit" de penser à ces choses. Après tout "ca n'est que de l'argent", come on Man!

  • Eliot, le 18/03/2006 à 13h57

    Aston Barrett est un des plus grand bassiste de l'histoire du reggae (la basse est un instrument de base dans le reggae) et malgré le talent immense de l'irremplacable Bob Marley, les Wailers ont joué un rôle important dans le succès mondial de cette musique.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience