© afpA moins de deux semaines des élections législatives, le chef du gouvernement italien multiplie les déclarations controversées. Dernière en date, Silvio Berlusconi a souhaité lundi que l'"Italie ne devienne pas un pays multiethnique et multiculturel", lors d'un entretien sur une radio publique italienne.
"Nous sommes fiers de notre culture et de nos traditions", a affirmé Silvio Berlusconi. "Nous voulons accueillir les étrangers qui fuient les pays où ils risquent pour leur vie et pour leur liberté, mais nous ne voulons pas accueillir tous ceux qui viennent créer des problèmes et des dangers aux Italiens", a ajouté le leader de la coalition de centre-droit, dans laquelle figurent deux petits partis d'extrême droite et la Ligue du Nord, une formation au ton populiste et souvent xénophobe.
"L'autre jour j'ai eu des frissons en entendant Diliberto (un leader communiste) dire à la télévision que l'introduction de cours de "religion coranique" dans les écoles ne lui posait pas de problèmes, parce que selon lui dans quelques années la moitié des élèves sera catholique et l'autre moitié musulmane", a également déclaré Berlusconi.
"L'Italie est déjà un pays multiethnique, multiculturel et multireligieux"
"Le fait que le président du Conseil ne se soit pas encore rendu compte que l'Italie est déjà un pays multiethnique, multiculturel et multireligieux en dit long sur les connaissances de ce gouvernement en matière d'immigration", a réagi un responsable des Démocrates de gauche (DS), le premier parti de la coalition de centre-gauche en lice aux élections législatives.
Les déclarations du chef du gouvernement interviennent alors qu'un rapport a été publié lundi relevant des réalités contrastées pour les immigrés vivant en Italie. Leur nombre s'élèverait à 3,3 millions en 2005 (dont 540.000 clandestins), soit le double d'il y a trois ans, selon la fondation "Initiatives et études sur la multiethnicité" (Ismu). D'après l'étude de l'Ismu, 14% du patrimoine immobilier de la Péninsule appartient aujourd'hui à des immigrés, mais ceux-ci représentent également 32,2% de la population carcérale, alors qu'ils ne représentent que 5,7% de la population italienne.
Selon l'organisation caritative catholique Caritas, dont le rapport annuel sur l'immigration est une référence, la moitié des immigrés sont originaires d'Europe de l'Est, notamment de Roumanie et d'Albanie. 647.000 viennent d'Afrique (notamment du Maroc) 472.000 d'Asie, 314.000 d'Amérique et 7.000 d'Océanie. 20,3% des étrangers vivant en Italie sont chrétiens (20,3% orthodoxes et 22,6% catholiques) et 33% sont musulmans, toujours selon la Caritas.
Photo d'ouverture : Silvio Berlusconi - archives
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