Berlusconi ne veut pas d'une Italie multiculturelle

le 27 mars 2006 à 21h23 , mis à jour le 28 mars 2006 à 12h45

Lors d'un entretien sur une radio publique italienne, Silvio Berlusconi a dit son refus lundi de voir l'Italie devenir "un pays multiethnique et multiculturel". Tout comme il a refusé l'arrivée des étrangers "qui viennent créer des problèmes et des dangers aux Italiens".

[Expiré] [Expiré] berlusconi 090106 © afp

A moins de deux semaines des élections législatives, le chef du gouvernement italien multiplie les déclarations controversées. Dernière en date, Silvio Berlusconi a souhaité lundi que l'"Italie ne devienne pas un pays multiethnique et multiculturel", lors d'un entretien sur une radio publique italienne.

"Nous sommes fiers de notre culture et de nos traditions", a affirmé Silvio Berlusconi. "Nous voulons accueillir les étrangers qui fuient les pays où ils risquent pour leur vie et pour leur liberté, mais nous ne voulons pas accueillir tous ceux qui viennent créer des problèmes et des dangers aux Italiens", a ajouté le leader de la coalition de centre-droit, dans laquelle figurent deux petits partis d'extrême droite et la Ligue du Nord, une formation au ton populiste et souvent xénophobe.

"L'autre jour j'ai eu des frissons en entendant Diliberto (un leader communiste) dire à la télévision que l'introduction de cours de "religion coranique" dans les écoles ne lui posait pas de problèmes, parce que selon lui dans quelques années la moitié des élèves sera catholique et l'autre moitié musulmane", a également déclaré Berlusconi.

"L'Italie est déjà un pays multiethnique, multiculturel et multireligieux"

"Le fait que le président du Conseil ne se soit pas encore rendu compte que l'Italie est déjà un pays multiethnique, multiculturel et multireligieux en dit long sur les connaissances de ce gouvernement en matière d'immigration", a réagi un responsable des Démocrates de gauche (DS), le premier parti de la coalition de centre-gauche en lice aux élections législatives.

Les déclarations du chef du gouvernement interviennent alors qu'un rapport a été publié lundi relevant des réalités contrastées pour les immigrés vivant en Italie. Leur nombre s'élèverait à 3,3 millions en 2005 (dont 540.000 clandestins), soit le double d'il y a trois ans, selon la fondation "Initiatives et études sur la multiethnicité" (Ismu). D'après l'étude de l'Ismu, 14% du patrimoine immobilier de la Péninsule appartient aujourd'hui à des immigrés, mais ceux-ci représentent également 32,2% de la population carcérale, alors qu'ils ne représentent que 5,7% de la population italienne.

Selon l'organisation caritative catholique Caritas, dont le rapport annuel sur l'immigration est une référence, la moitié des immigrés sont originaires d'Europe de l'Est, notamment de Roumanie et d'Albanie. 647.000 viennent d'Afrique (notamment du Maroc) 472.000 d'Asie, 314.000 d'Amérique et 7.000 d'Océanie. 20,3% des étrangers vivant en Italie sont chrétiens (20,3% orthodoxes et 22,6% catholiques) et 33% sont musulmans, toujours selon la Caritas.

Photo d'ouverture : Silvio Berlusconi - archives

le 27 mars 2006 à 21:23
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6 Commentaires

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  • Marie Preud'homme, le 28/03/2006 à 14h04

    Berlusconi ou la culture à ras des pâquerettes... Au nom de la nation, de la tradition et de la religion ! Hors du bocal point de salut ! Encore un vieux schnock qui se cramponne à des idées vermoulues et en totale opposition avec ce qui a fait la grande Italie. Et si on l'exilait quelque part sur la planète avec tous les "comme lui" de par le monde : racistes, xénophobes, culturophobes, anti-ceci, anti-cela, ça libérerait de la place pour ceux qui veulent continuer à vivre et construire un monde nouveau et libéré des erreurs et pesanteurs du passé... En attendant, Ave Berlu !

  • TITEUF53, le 28/03/2006 à 13h14

    Le Duce nouveau est arrivé !

  • Vimal, le 28/03/2006 à 08h45

    D'accord avec Berlu. Cette tendance est également valable en France. Si le combat doit exister contre le multiculturalisme (amenant le communautarisme) il est par contre nécessaire qu'un pays s'ouvre au multiracialisme ce qui est tout à fait différent et bénéfique. OUI à la République Une et indivisible, non au multi-culturalisme, (n'est ce pas Sarko ?)

  • Aliénor, le 28/03/2006 à 08h24

    BRAVO MONSIEUR !!!!!!

  • Alain, le 28/03/2006 à 02h19

    Bravissimo.

  • Philippe, le 28/03/2006 à 00h26

    Comme toujours, M. Berlusconi est le seul chef d'état européen qui attaque les problèmes bille en tête. Souhaitons que ses propos ne soient pas uniquement electoralistes.

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