Biélorussie : baroud d'honneur de l'opposition

le 25 mars 2006 à 11h11 , mis à jour le 25 mars 2006 à 22h16

L'opposition a mobilisé samedi 7.000 personnes dans le centre de Minsk malgré la pression policière, avant qu'un de ses leaders ne soit arrêté et des affrontements opposent manifestants et force de l'ordre.

TF1/LCI Biélorussie Alexandre Milinkevitch

Pour la gloire seulement. L'opposition biélorusse a effectué un baroud d'honneur samedi, en mobilisant 7.000 personnes dans le centre de Minsk malgré la pression policière. La violence, qu'avait fait craindre une forte mobilisation policière autour de la place d'Octobre, où la manifestation avait été prévue, a d'abord été évitée, l'opposition choisissant de se réunir dans un parc voisin.

"Nous avons lancé le premier assaut contre la forteresse de ce régime. L'important est qu'il est en bout de course. La loi et Dieu sont avec nous. (...) Nous n'allons pas attendre cinq ans pour lancer un nouvel assaut, nous le ferons bientôt", a dit le principal leader de l'oppposition, Alexandre Milinkevitch. "Le plus important est de se battre pour une nouvelle et honnête élection, sans ce dictateur", a-t-il ajouté, en référence au président Alexandre Loukachenko dont l'opposition conteste la réélection.

"Il faut être réaliste"

Annonçant la création d'un mouvement d'opposition "Pour la liberté", M. Milinkevitch a invité toutes les forces politiques à le rejoindre. En même temps, il a fait preuve de réalisme quant à l'ampleur actuelle du mouvement. "Il faut être réaliste. Nous ne sommes pas deux cent mille ou cinq cent mille. Si cela avait été le cas, s'il y avait autant de gens, il (M. Loukachenko) aurait dû partir dans son Boeing vers un autre régime dictatorial", a-t-il dit.

La manifestation s'est terminée au bout de deux heures. M. Milinkevitch n'a pas donné de nouveau rendez-vous précis à ses sympathisants, laissant régner un certain flou sur sa tactique dans les prochaines semaines.

Un autre leader de l'opposition, Alexandre Kozouline, a été interpellé alors qu'il se rendait avec des manifestants vers la prison où sont incarcarcés des militants de l'opposition arrêtés au cours des derniers jours. Lors de cette interpellation, des accrochages se sont produits entre manifestants et forces spéciales qui bloquaient la rue. Les policiers ont dispersé la foule à coups de matraques et de gaz lacrymogènes. Au moins un manifestant a ensuite été vu gisant inconscient au sol.

"Elections libres" et "vérité"

L'opposition juge frauduleux le scrutin de dimanche dernier, qui a reconduit dans ses fonctions le président Loukachenko, au pouvoir depuis 1994. De nombreux membres de l'état-major électoral de M. Milinkevitch avaient été arrêtés durant la campagne et plusieurs centaines de sympathisants de l'opposition l'ont été depuis le vote.

Le parc Ianka Koupala, situé à quelques centaines de mètres de la place d'Octobre, était noir de monde. Les manifestants, agitant des ballons bleus ou jaunes, scandaient leurs slogans habituels, "liberté", "élections libres" et "vérité". Devant des journalistes, M. Milinkevitch a évoqué le 26 avril comme date d'une prochaine manifestation. Mais après une semaine de rassemblements, le premier acte de cette mobilisation sans précédent dans le pays depuis dix ans paraissait clos samedi. (AFP)

(Le leader de l'opposition Alexandre Milinkevitch/ samedi LCI/TF1)

le 25 mars 2006 à 11:11
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7 Commentaires

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  • Geronimo, le 25/03/2006 à 23h10

    C'est pas parce que le communiste loukachenko protége les petits vieux et les biens bélarusses avec des méthodes fachisantes et paternalistes qu'il faut diffamer les quelques manifestants hypercourageux qui vont se faire taper dessus et perdre leurs boulots. Bien sur que loukachenko aller gagner dans les urnes grace au clientélisme et à la matraque mais surtout ce qu'il ne veut pas c'est un début d'organisation d'opposition parce qu'il n'a pas l'intention de quitter le pouvoir de sitot. Rien de nouveau avec les potentats communistes. mais bon un jour Loukachenko suivra le sort de Milosevic. La transition devra se faire en douceur pour que la nomenklatura communiste ne pique pas tout pour se transformer en nouveaux riches.

  • Yulia, le 25/03/2006 à 22h08

    En l'europe (presque tous pensent que les peuples de Biélorussie sont malheureux et sont opprimés par le pouvoir. Mais ce n'est pas vrai. Ce sont ceux qui ne vivent pas en Biélorussie ils ne savent pas la position véritable des affaires. En effet, la mojorité des gennes aiment son president. Je parle a beaucoup de Biélorusses et ils le respectent et le soutiennent. C'est un paradoxe. Le pouvoir biélorusse arrange les Biélorusses, mais il n'arrange pas l'autre monde.

  • Alain, le 25/03/2006 à 20h25

    C'est fou ! Il suffit qu'un dictateur se dise anti-américain, pour recevoir le soutien des tiers-mondistes et autres alter-mondialistes. Aveuglés par leur idéologie, ces derniers en arrivent à vénérer les bourreaux de ceux qu'ils sont censés défendre ... Les tyrans de tous bords l'ont bien compris et jouent à fond sur le fameux "complot americain" (ou "americano-sioniste" selon les cas), pour se maintenir au pouvoir.

  • Julien, le 25/03/2006 à 14h03

    Comme pour la "révolution" orange en Ukraine, la propagande occidentale se déchaine. Tous les moyens de communication existant sont contre Loukashenko. Mais je ne crois pas à une "révolution" pour deux raisons : -en Ukraine et en Géorgie, les opposants se sont appuyés sur le sentiment xénophobe anti-russe d'une partie de la population. En Biélorussie, le sentiment anti-russe n'existe pas. -une grande majorité des bielorusses approuvent la politique sociale de Loukashenko notamment les gens des campagnes. Il assure en effet leur survie en laissant un régime économique semi-communiste : les paysans travaillent dans les kolkhozes, ils se servent en partie dans le kolkhoze pour leurs besoins personnels et ont à coté un petit lopin de terre, des animaux et ils vivent à peu près convenablement comme cela. Un changement de système politique et son corrolaire un nouveau système économique remettrait en cause cet équilibre et de ceci ils n'en veulent pas. La preuve, il a gagné avec 83% des voix. Même en bourrant les urnes, 83% c'est colossal ! Tu bourres pas les urnes avec la moitié de faux bulletins ! La manoeuvre, et la dramatisation des médias occidentaux fait pitié, je ne défends pas spécialement le régime belarusse, mais bon entre désinformation et propagande, faut pas prendre les gens pour des idiots. Il nous font un plat de 10 000 manifestants, j'aurai voulu les compter ceux là, moi j'ai vu sur les images 4 pauvres belarusses anti - gouvernementaux et quelques dizaines allez centaines d'opposants, mais c'est quoi ce genre d'ingérances ? Au Etats Unis, aussi, il auraient du invalider, l'avant dernière fois. Et s'il fallait proclamer une révolution et un changement de pouvoir dans tous les pays où quelques dizaines de manifestants le demandent, on s'en sortirai plus. Bref, ça dérange, la CIA n'a plus les moyens de l'ordre mondial, c'est le désordre, l'impérialisme occidental touche à ses limites. Merci de publier, on est en démocratie.

  • Ingrid, le 25/03/2006 à 12h19

    Et qu'est-ce qu'ils foutent les grannnnds dirigents européens et mondiaux là? parce que c'est bien jolie de dire "oh c'est aps bien fut pas faire ça", mais là faudrait peut-être agir, non?!

  • Laurent, le 25/03/2006 à 12h16

    Au vu des commentaires certains, on peux constater que la réthorique US fonctionne à merveille : "dernière dictature d'europe", "élections non démocratiques", etc etc...Mais personne ne semble se demander pourquoi ces soit disants préocupations démocratiques US concernent la Biélorussie mais pas l'Arabie Saoudite, l'Afghanistan ou l'Egypte? Et surtout personne ne doute une seconde de la pertinence de ces critiques dans la bouche de ceux la meme qui provoque une guerre en Irak avec des pretextes falacieux ou cautionne un régime dominé par la charia en Afghanistan... Les appels à la démocratie ou aux droits de l'homme en Biélorussie sont, dans les bouches des dirigeants US, des armes politiques dont le seul but est d'étendre l'impérialisme US en Europe de l'Est. Et Loukachenko est très génant pour les USA, comme Castro, Chavez, Lula ou Morales en Bolivie : ils sont tous anti-américains et en voie de fédérer un mouvement fort de pays non alignés, c'est à dire refusant les agressions politiques et économiques US contre tous ceux qui ne leur sont pas soumis. Alors à ce titre, on peux sans problème préferer temporairement un dictateur anti-US à la tête de la Biélorussie plutot qu'un guignol manipulé par les USA, genre Iouchtchenko en Ukraine ou Saakachvili en Géorgie. Les USA sont le vrai et principal danger pour l'Europe car ils avancent masqués et drapés de discours hypocrites sur la démocratie ou les droits de l'homme, valeurs qu'ils piétinent dans leurs guerres ou leurs pratiques intérieures (peine de mort, système électoral phagocytés par les plus riches, etc etc). Il faut donc se satisfaire du coup d'Etat US manqué contre Loukachenko.

  • Marvalaid, le 25/03/2006 à 12h07

    En France on fait la révolution pour le CPE et en Bielorussie ils font la révolution pour obtenir des libertés essentiels pour la démocratie ... Chacun son combat

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