
Pour la première fois depuis son arrivée à la Maison Blanche, George W. Bush va-t-il être obligé d'utiliser son droit de veto contre une loi votée par sa propre majorité ? Le fossé qui l'oppose au Congrès dans l'affaire "DP World" semble en effet insurmontable.
Même Jerry Lewis, l'un de ses plus fidèles supporters à la Chambre des représentants, est un farouche partisan d'un texte visant à empêcher la gestion des infrastructures jugées essentielles à la sécurité des Etats-Unis -ports, aéroports, centrales électriques...- par une société contrôlée par des capitaux étrangers ou basée à l'étranger.
"Ca vaut la peine de protéger l'Amérique"
Objectif immédiat du projet de loi : faire capoter le rachat de six ports américains -Baltimore, Newark, Philadelphie, Miami, New York et La Nouvelle-Orléans- par Dubaï Ports World, une société des Emirats arabes unis basée à Dubaï - ces ports sont actuellement gérés par l'entreprise britannique P&O, qui doit être reprise par DP World pour 6,85 milliards de dollars.
Principal argument des opposants : ce rachat mettrait en danger la sécurité du pays, en permettant à d'éventuels terroristes d'y pénétrer plus facilement via les ports concernés. Ils font notamment valoir que deux des terroristes du 11 septembre était émiratis et que Dubaï a servi à la fois de base arrière logistique et financière à l'opération.
"Nous voulons être sûrs que la sécurité des ports est entre des mains américaines" lance Jerry Lewis. "Cela réduira le risque terroriste dans certaines de nos installations les plus vulnérables" ajoute l'influent président républicain de la commission des forces armées, Duncan Hunter. "A ceux qui disent que c'est du protectionnisme, je leur réponds : cela vaut la peine de protéger l'Amérique" assure-t-il.
Le veto de Bush contré ?
George W. Bush, soucieux de ne pas heurter un pays ami dans sa lutte contre le terrorisme, a vivement pris parti pour le rachat. Reprenant les arguments de DP World, la Maison Blanche fait notamment remarquer que la transaction porte uniquement sur la gestion commerciale des ports, et non sur leur sécurité. Celle-ci doit logiquement rester sous le contrôle des autorités américaines, par l'intermédiaire des gardes côtes et du FBI. Les partisans de l'opération soulignent également que des compagnies étrangères opèrent déjà dans divers ports des Etats-Unis.
Même s'il s'oppose son veto, George W. Bush n'est néanmoins pas certain de gagner son bras de fer. Le veto peut en effet être renversé par une majorité des deux tiers dans chacune des deux chambres du Congrès. Or, avec le soutien de nombreux parlementaires démocrates également opposés au rachat -dont Hillary Clinton- les leaders républicains, en pleine campagne pour leur réélection en novembre prochain- estiment être capables de réunir le nombre de voix nécessaire.
(photo DR : le port de Newark)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




